L'ombre de Neyrpic divise les commerçants grenoblois

Benoit Pavan

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A la Caserne de Bonne, hier.
A la Caserne de Bonne, hier. — B.Pavan

L'information commence à peine à franchir les portes de leurs boutiques et à parvenir jusqu'à leurs oreilles. Mais contrairement au remue-ménage qu'elles suscitent au sein de la classe politique locale et jusque dans les bureaux de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble (CCI), les futures halles Neyrpic de Saint-Martin-d'Hères sont encore loin d'agiter l'ensemble des commerçants du centre-ville de Grenoble.

« Trop lointain »
Le projet, qui prévoit l'ouverture d'un immense « espace de vie » de 41 000 m2 à l'horizon 2014, dont 24 000 m2 constitués essentiellement de commerces, est jugé trop « lointain » et pas assez « concret » par la majorité des commerçants sondés. Ceux-ci restent encore mesurés au moment de jauger l'impact qu'aura le projet sur l'activité commerçante du cœur de la ville. Cela frise même l'indifférence dans la galerie commerciale du quartier de Bonne, inaugurée en septembre dernier, où l'on scrute pour l'heure davantage le passage d'un client que celle d'un futur concurrent. « Peu importe ce qui se profile ailleurs car on ne peut pas avoir moins de clients qu'en ce moment », témoigne une gérante d'un magasin de prêt-à-porter.
« D'ici à son implantation concrète, les constructions dans le quartier seront bouclées, des familles se seront installées, et notre petit centre commercial aura vécu. Alors nous pourrons nous réjouir ou crier au scandale », ajoute le directeur d'un supermarché de la galerie.

Neyrpic, un clone de Grand'Place ?

« Non », rétorque la municipalité de Saint-Martin-d'Hères, en rappelant que les halles Neyrpic, « plus petites » que Grand'Place, s'inséreront dans un projet de 20 ha incluant, entre autres, un pôle de services de santé.