Privés d'emploi sans préavis

Manuel Pavard

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Fanny, Leyla et Jérôme, employés chez First Look, n'en reviennent toujours pas : « C'est un coup de poignard dans le dos ! » Les 18 salariés du magasin de vêtements, situé rue de Sault à Grenoble, ont en effet trouvé porte close lundi matin. « En arrivant sur notre lieu de travail, la boutique était fermée, raconte Fanny. Pas un mot d'explication sur la porte. On s'est retrouvés sans emploi du jour au lendemain, sans aucun préavis ni lettre de licenciement. »

Patron injoignable
Depuis lundi, Jean Carrante, l'employeur, est injoignable. « On tombe systématiquement sur son répondeur, explique Jérôme. On ne le voyait déjà plus depuis fin décembre mais les paies de décembre et janvier avaient été versées. » « Il y avait quelques signes avant-coureurs, ajoute Fanny. On était ainsi passé de 140 à 10 colis par jour mais on n'imaginait pas se faire jeter comme des moins que rien ! » Désemparés, les salariés doivent désormais mener eux-mêmes les démarches (prud'hommes, tribunal de commerce...) pour toucher leur salaire de février et les indemnités de licenciement. « Mais on n'aura rien avant trois mois, s'exclame Leyla. Et on n'a aucun document à fournir aux Assedic. J'ai ma mère à charge, je ne sais pas comment je vais m'en sortir ! »

Et maintenant ?

Saisis en référé le 16 mars, les prud'hommes doivent assigner le patron au tribunal de commerce. Celui-ci nommera un liquidateur judiciaire.