Le CEA tourne la page du nucléaire

Paul Turenne
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CEA

   Fini les installations nucléaires, place aux nanotechnologies et aux recherches sur l'énergie verte ! Le CEA Grenoble entre actuellement dans la dernière phase de la réorientation stratégique de ses activités. Ce chantier baptisé Passage et initié il y a maintenant onze ans devrait être définitivement achevé en 2012, une fois l'ensemble des sites nucléaires déclassés. « Toutes les installations nucléaires de base seront détruites et les bâtiments qui les abritent dédiés à des activités industrielles, précise Frédéric Tournebize, chef du projet Passage au CEA. Le tout pour un budget global de 255 millions d'euros. »
  Six installations nucléaires de base et deux installations classées pour l'environnement sont ainsi concernées. Car si le CEA n'a jamais produit d'électricité contrairement à une centrale classique, le site de Grenoble a toujours été tourné vers la recherche nucléaire. Trois réacteurs nucléaires expérimentaux, baptisés Siloëtte, Mélusine et Siloé (photo en haut à droite), y ont été construits et exploités jusqu'en 1997 pour le dernier. « Le déclassement de ces bâtiments nécessite des procédures administratives très longues, explique Frédéric Tournebize. A tous les niveaux, nous avons dû obtenir des autorisations de l'Autorité de sûreté nucléaire, chargée de superviser les procédures réglementaires. » 

 17 000 tonnes de déchets
A commencer par le démantèlement de l'installation avec l'évacuation des déchets radioactifs en fonction de leur activité (taux de radioactivité). « La grande majorité des déchets produits sont très faiblement actifs avec une radioactivité de l'ordre de quelques becquerels par gramme, note Frédéric Tournebize. Leur production cumulée depuis le démarrage de Passage est ainsi estimée à 16 000 tonnes, contre 950 tonnes pour ceux faiblement actifs, 30 tonnes pour ceux moyennement actifs, et 8 tonnes pour les plus actifs, comme les combustibles irradiés dans les réacteurs. » Soit tout de même près de 17 000 tonnes de déchets radioactifs à gérer, les plus irradiants étant stockés sur place en attendant qu'ils deviennent moins actifs et les autres envoyés dans des centres de stockage souterrains. 

300 salariés concernés

Autre enjeu de taille de la réorientation stratégique du CEA de Grenoble : la gestion du personnel. Environ 300 personnes sur les 4 000 qui en composent l'effectif travaillent dans le secteur nucléaire.Toutes ont pu se reconvertir grâce à des formations ou partir sur d'autres sites du CEA dès la fin des années 2000.