Nouveau souffle pour le projet de Center Parcs

Paul Turenne

— 

Le Center Parcs des Hauts de Bruyères en Sologne s'étend sur 111 hectares de forêts.
Le Center Parcs des Hauts de Bruyères en Sologne s'étend sur 111 hectares de forêts. — Center Parcs

Enterrée, l'implantation d'un Center Parcs en Isère ? Sûrement pas ! Voilà en tout cas le message qu'ont tenu à faire passer vendredi Gérard Brémond, Pdg du groupe Pierre & Vacances à l'origine du projet, et André Vallini, président du conseil général. « Depuis quelque temps, avec tous ces recours engagés devant les tribunaux par les opposants au Center Parcs, les Isérois ne savaient plus trop si cela allait se faire, a reconnu ce dernier. Mais nous réaffirmons aujourd'hui notre détermination totale à aller jusqu'au bout, avec le soutien des élus locaux et des acteurs économiques qui font vivre le département. » Preuve de cet engagement, les deux parties ont signé un protocole d'accord complémentaire à celui déjà entériné le 4 décembre 2009.

Une médiatrice nommée
La construction d'un grand centre de loisir de 200 hectares sur la commune de Roybon, avec 1 000 cottages de 50 à 85 m2 est donc plus que jamais dans l'air du temps. Au grand désarroi des militants écologistes : « La création de ce site aqualudique entraînerait une consommation de 1 200 mètres cubes d'eau par jour. Or nous sommes dans une zone qui connaît depuis des années des problèmes de sécheresse », explique l'association Chambarans sans Center Parcs. Et celle-ci de déplorer que l'abattage de 60 hectares de forêts dans une zone protégée soit présenté comme du développement durable.
Du côté des partisans, on met en avant l'impact économique : « Jusqu'à 1 500 emplois seront mobilisés durant les deux ans du chantier, dont au moins 50 % locaux, a rappelé André Vallini. 700 personnes seront ensuite recrutées. Sans oublier les 140 emplois indirects induits par les 12 millions d'euros de dépenses courantes annuelles. » Gérard Brémond s'est, lui, étonné des arguments des opposants : « Je pense qu'ils ne sont pas toujours bien informés ou ne veulent pas l'être. Ce projet n'est pas anti-écologique. Les premiers cottages sont à plus de 1 000 mètres des zones Natura 2 000 ! » Conformément aux exigences du Grenelle, Pierre & Vacances devra, par ailleurs, compenser doublement la perte de 64 ha de zones humides.
Une médiatrice tout juste nommée par le conseil général devrait rencontrer les riverains au cours des prochains jours.

Subventions

Pour favoriser l'implantation du Center Parcs sur son territoire, le conseil général participera au financement du projet à hauteur de 15 millions d'euros et la région, de 7 millions d'euros. Le tout pour un coût total évalué à 370 millions d'euros.