La langue des signes entre en classe

Paul Turenne

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Sur les 285 enfants scolarisés cette année à Paul-Bert, 32 ont des déficiences auditives.
Sur les 285 enfants scolarisés cette année à Paul-Bert, 32 ont des déficiences auditives. — P.Turenne / Pleins Titres

Le centre scolaire Paul-Bert, à Grenoble, compte désormais une salle de classe ouverte aux enfants malentendants. « L'académie de Grenoble a été pionnière, après celle de Rouen, dans la constitution d'un pôle académique chargé d'assurer la continuité du parcours scolaire des jeunes sourds, explique Pascal Mercier, coordonnateur académique chargé de l'adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés. Nous développons progressivement cette scolarisation de la maternelle au lycée dans tous les départements. »

Une ouverture à la différence
Pas facile, en effet, de suivre une scolarité normale lorsque l'on souffre de problèmes d'audition. Sur les 285 enfants scolarisés en cette rentrée 2010 à l'école Paul-Bert, 32 ont des déficiences auditives. « 23 sont en classe spécialisée avec un professeur qui enseigne en langue des signes et neuf sont intégrés directement dans d'autres classes, précise Abderamen Mansour, directeur de l'école Paul-Bert. « Tous sont appareillés et ils lisent sur les lèvres de leur professeur, qui n'a pas de formation particulière en langue des signes. » Une codeuse peut, en revanche, venir dans la classe, notamment pour les dictées qui nécessitent une compréhension plus fine. Objectif : intégrer dès que possible ces jeunes dans le système scolaire classique. La langue des signes française est d'ailleurs enseignée à tous les enfants à partir de 7 ans et les cours d'éducation physique se font en commun. « Au-delà de l'intérêt évident pour favoriser l'intégration des jeunes sourds, il s'agit aussi d'un moyen pédagogique de s'ouvrir aux autres et à la différence, pour tous les autres élèves.»