Forte mobilisation à Grenoble

Manuel Pavard

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Une foule très dense a défilé entre la gare et la préfecture pour défendre les retraites.
Une foule très dense a défilé entre la gare et la préfecture pour défendre les retraites. — F.Carrel / Pleins Titres

Une marée humaine ! 47 000 manifestants selon les organisateurs, 10 000 selon la police, ont battu le pavé à Grenoble pour protester contre la réforme des retraites. « On n'a pas souvent vu un mouvement de cette ampleur un 24 juin », se félicite Patrick Brochier, secrétaire départemental de l'UD CGT. Les vétérans des manifs évoquaient même les gros défilés de 1995 ou 2006.

« 60 ans pour tous »
Derrière la banderole unitaire « Salaires, emplois, retraites : d'autres choix sont possibles » signée par les syndicats CGT, CFDT, FSU, Unsa, CFTC et Solidaires, le cortège a rassemblé salariés de la métallurgie, de la chimie, infirmiers anesthésistes, enseignants, postiers, retraités, étudiants… « Je travaille depuis l'âge de 16 ans, j'ai 43 ans et je ne me vois pas bosser encore vingt ans », indique un agent de sécurité employé au CEA de Grenoble. « Et pour nos enfants, ce sera pire. Les vrais problèmes ne sont pas là et les gens en ont vraiment marre. » Un ras-le-bol partagé par Daniel, professeur d'électronique à la retraite, qui défend « la retraite à 60 ans et les 37,5 années de cotisation pour tous ».
Côté transports et services, la journée a été évidemment perturbée. La SNCF a ainsi annoncé près de 40 % de grévistes et de nombreuses écoles étaient fermées. Si Denis, cadre, se plaignait d'être « bloqué dans sa voiture à cause d'un combat perdu d'avance », d'autres, comme Eliane, faisaient contre mauvaise fortune bon cœur : « Je ne pouvais vraiment pas faire grève, mais je suis solidaire. » Les vacances devraient marquer une pause dans la mobilisation avant une rentrée sociale que les manifestants promettent agitée.