Les investigations relancées

françois Carrel

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Les familles des victimes et leur avocat, en colère hier à la sortie du tribunal.
Les familles des victimes et leur avocat, en colère hier à la sortie du tribunal. — f. Carrel / pleins titres

La procureur générale de Grenoble, Martine Valdès-Boulouque, a reçu hier au tribunal de Grenoble les familles de certains des neuf enfants tués ou disparus dans l'Isère entre 1983 et 1996. Elle leur a annoncé que la cellule de gendarmerie Mineurs 38, créée en 2008 pour regrouper ces neuf affaires non élucidées, allait reprendre de nouvelles investigations, à la suite de la mise au jour de « pistes intéressantes nous donnant un espoir raisonnable ».

« Nous allons mettre le paquet »
« Grâce à un travail d'analyses transversales des dossiers, sur des critères criminologiques, a précisé la procureur, des rapprochements ont pu être faits entre, d'une part, les meurtres de deux petites filles, et d'autre part, deux, voire trois meurtres de petits garçons. Je reste prudente. Nous n'avons pas de pistes sur les deux auteurs éventuels. La cellule de gendarmerie va être renforcée pour balayer ces nouvelles hypothèses. » « Nous allons mettre le paquet, [soit] tous les moyens nécessaires pour des investigations lourdes dans les prochaines semaines, a confirmé le général Jacques Grandchamp, commandant de la gendarmerie Rhône-Alpes. A la sortie du tribunal, les familles des victimes ont eu des mots très durs pour la procureur. Ils lui reprochent un manque d'égards et d'informations, en particulier sur les trois dossiers d'instruction perdus puis retrouvés, et sur les ossements d'un enfant, sous scellés, toujours égarés au sous-sol du tribunal. « J'ai perdu toute confiance », a déclaré Férouze Bendouiou, sœur d'une disparue. Les familles et leur avocat demandent à la garde des Sceaux la nomination d'un juge d'instruction pour reprendre toute l'enquête.