Des solutions au cas par cas

— 

Avec plus de 2 800 km de lignes de chemin de fer, Rhône-Alpes est la région la plus dense en réseaux ferroviaires. C'est aussi celle qui arrive en tête pour le nombre de passages à niveau dits préoccupants. Parmi eux, celui d'Allinges, en Haute-Savoie, où sept collégiens perdirent la vie en juin 2008, drame qui est à l'origine du plan de sécurisation des passages à niveau lancé la même année par le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.
Deux ans plus tard, à l'occasion de la première Journée mondiale de sécurité routière aux passages à niveau, c'est aux usagers de la route que s'adressent tous les messages de prévention. Dans 98 % des cas, en effet, les accidents sont dus au non-respect du code de la route. En écho à cette journée, la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) « approuve les initiatives prises pour sensibiliser les conducteurs ». Mais elle proteste contre une orientation du plan Bussereau consistant « à imposer la suppression systématique des passages à niveau en cas de réouverture de ligne ». Pour son président, le Grenoblois Jean Sivardière, le coût engendré par une suppression, « 5 à 10 millions », est une menace pour les réouvertures. Or, estime-t-il, « en visant la sécurité absolue, on oublie le gain de sécurité que procureraient ces lignes ». Le président de la Fnaut, qui souhaite « une étude au cas par cas » prône d'autres solutions de sécurisation « nettement moins onéreuses », comme la pose de radars ou de feux supplémentaires en amont de l'ouvrage, l'installation de doubles barrières ou de séparateurs de voies pour éviter les passages en chicane.

Quatre points noirs en Isère
En Isère, où l'on recense 2 des 36 accidents mortels enregistrés en France en 2009, il reste, selon Réseau ferré de France (RFF), quatre passages à niveau préoccupants : à Saint-André-le-Gaz, Saint-Egrève, Domaine et Villard-­Bonnot. « D'autres ont été sortis de la liste, précise-t-on à la direction régionale de RFF. C'est le cas de Pontcharrat, qui a été supprimé, et La Tour-du-Pin, où l'installation de feux supplémentaires a permis, en dix ans, de faire passer de 4 à zéro le nombre de collisions. » Grenoble, quant à elle, ne compte plus aucun passage à niveau.C. F.