Les abeilles essaiment à grenoble

manuel pavard

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Claude Merle enfume les abeilles d'une des ruches installées sur le toit de la mairie.
Claude Merle enfume les abeilles d'une des ruches installées sur le toit de la mairie. — M.pavard / pleins titres

Des ruches sur le toit de l'hôtel de ville ! La mairie de Grenoble compte depuis la semaine dernière de nouveaux occupants à la robe jaune et noire, en l'occurrence plusieurs milliers d'abeilles. Une opération menée par le service environnement de la ville, en partenariat avec des apiculteurs isérois, qui s'inscrit dans le cadre de l'année de la biodiversité et répond à un double objectif, écologique et symbolique.

Un rôle vital mais menacé
Claude Merle est l'une des chevilles ouvrières du projet. Homme aux multiples casquettes, vice-président du syndicat L'Abeille dauphinoise, employé aux espaces verts, il est surtout « apiculteur depuis toujours » à Vizille. Et à ce titre fervent défenseur des abeilles : « Elles sont indispensables au maintien de la biodiversité car elles assurent la pollinisation de 80 % des espèces végétales ». Un rôle essentiel qui trouvera une traduction concrète pour la flore locale. « Ces abeilles polliniseront les fleurs et plantes du parc Mistral », souligne ainsi Éric Grasset, conseillé délégué à l'environnement de la ville. Néanmoins, la situation est loin d'être rose pour les apiculteurs. Claude Merle tire la sonnette d'alarme : « Ce projet vise aussi à alerter l'opinion car depuis 4-5 ans, nos ruches se dépeuplent, avec 30 à 40 % de perte tous les ans ». En cause, la pollution atmosphérique et les nouvelles générations d'insecticides qui désorientent les abeilles, incapables de revenir à la ruche. L'apiculteur aimerait que la France abandonne les pesticides Pas gagné… En attendant, tous deux espèrent installer bientôt quatre nouvelles ruches, dans les parcs Mistral et Bachelard.