Grenoble: La nouvelle majorité diminue de 25% les indemnités des élus

A Grenoble, Manuel Pavard

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Le candidat écologiste Eric Piolle a dépassé la barre des 40% au second tour.
Le candidat écologiste Eric Piolle a dépassé la barre des 40% au second tour. — M. Pavard/Pleins Titres/20 Minutes

C’était le 19e des 120 engagements de campagne d’Eric Piolle et c’est la première mesure prise par la nouvelle majorité EELV-PG. Lundi soir, le conseil municipal a adopté la réduction de 25% de l’enveloppe globale des indemnités des élus, annulant ainsi la hausse de 25% votée par la municipalité socialiste en 2008. «On a considéré que ce n’était pas justifié, explique Claus Habfast, président du groupe Rassemblement citoyen, de la gauche et des écologistes. Les revenus des citoyens n’ont pas augmenté de 25%, pourquoi ce serait le cas des élus?»

«L’équivalent d’un an de gratuité des transports publics pour les 18-25 ans»

Concrètement, le maire Eric Piolle recevra désormais une indemnité mensuelle de 4.219 euros bruts, contre 5.512 euros auparavant – soit une baisse de 23%. Les adjoints passeront quant à eux de 2.896 à 2.357 euros (-19%) et les conseillers municipaux délégués de 1.334 à 1.216 euros (-9%). Seule l’indemnité des conseillers municipaux reste inchangée, avec un montant de 304 euros bruts.

L’économie ainsi réalisée se chiffre à près de 300.000 euros par an et «1,746 million d’euros sur la totalité du mandat, soit l’équivalent d’un an de gratuité des transports publics pour les 18-25 ans, précise Claus Habfast. C’est une illustration car pour l’instant, on n’a pas l’outil réglementaire pour la gratuité [qui dépend du SMTC (Syndicat mixte des transports en commun)] mais cela permettra d’indemniser la Métrosans perte de revenus et sans augmenter les impôts.»

«Une mesure symbolique mais dérisoire» pour l’UMP

Attaquée par le groupe socialiste qui craint qu’à terme, la rémunération des employés municipaux soit remise en cause, la majorité dément. «On rétablit les valeurs mais on ne va pas demander de baisser les salaires des fonctionnaires, qui sont déjà peu élevés», rétorque Claus Habfast. Prochain objectif affiché par la municipalité: l’allégement du parc de voitures de fonction.

L’opposition de droite est, elle, mitigée. «Nous avions nous-mêmes pris des engagements allant dans la même direction pendant la campagne, indique Matthieu Chamussy, président du groupe UMP-UDI. Néanmoins, nous avons souligné, lors du conseil municipal, le fait que la municipalité aurait fait coup double si elle avait fait le choix de diminuer le nombre d’adjoints. La baisse des indemnités est une mesure symbolique mais dérisoire par rapport aux efforts à faire sur les dépenses de fonctionnement.»

D’autres maires réduisent les indemnités

Scruté à la loupe, l’exemple grenoblois n’est cependant pas isolé. Crise oblige, plusieurs municipalités fraîchement élues ont également opté pour ce choix, indépendamment des couleurs politiques. C’est ainsi le cas à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), dirigée par le maire sans étiquette Yves Darrigrand, à Béziers (Hérault) – Robert Ménard l’a mis à l’ordre du jour de la prochaine séance – ou encore à Valence (Drôme) où le conseil municipal a voté, lundi soir, une diminution de 10% du montant des indemnités, conformément aux engagements du nouveau maire UMP Nicolas Daragon.