Des communes voisines veulent acheter les caméras de Grenoble

SECURITE Défavorable à la vidéosurveillance, le nouveau maire écologiste Eric Piolle pourrait enlever les caméras déjà installées sur le territoire grenoblois...

A Grenoble, Manuel Pavard

— 

La police municipale visionne dans ses locaux les images des 52 caméras installées à Grenoble. 
La police municipale visionne dans ses locaux les images des 52 caméras installées à Grenoble.  — P. Turenne / Pleins Titres / 20 Minutes

C'était l'un des gros points de désaccord entre Eric Piolle et ses principaux concurrents aux élections municipales. Connu pour ses positions hostiles à la vidéosurveillance, le nouveau maire écologiste de Grenoble a enfoncé le clou, quelques jours après son élection: «Un plan de déploiement a été engagé par la précédente municipalité [il visait à atteindre un total de 80 caméras] mais nous n'installerons pas de nouvelles caméras, qui coûtent très cher et n'apportent presque rien en termes de prévention et d'élucidation des faits. Nous allons rouvrir le débat, l'objectif étant de remettre avant tout de la présence humaine.»

Revendre les caméras à Estrosi, une «boutade»

Quid des 52 caméras déjà mises en place par la ville, sous la direction de l'ancien adjoint à la sécurité Jérôme Safar (PS)? Durant la campagne, la liste EELV-PG avait émis l'idée de les démonter, invoquant notamment un coût prohibitif de près de 700.000 euros d'investissement pour les 18 premières caméras installées pour expérimentation. Interrogé à ce sujet sur le plateau de France 3, le 31 mars, Eric Piolle s'était adressé indirectement au maire UMP de Nice: «On va les revendre à Christian Estrosi, lui veut en mettre plein dans sa ville!»

Trait d'humour ou proposition sérieuse? «C'était une boutade, c'est tout, a-t-il expliqué ce jeudi. On n'y croit pas à la vidéosurveillance mais on ne va pas se précipiter. On va arrêter le déploiement et on va discuter avec tout le monde pour construire une politique de tranquillité publique. Ce n'est pas en partant d'une position dogmatique et unilatérale qu'on arrivera à faire quelque chose.»

Trois maires UMP prennent Eric Piolle au mot

Si Eric Piolle préfère temporiser et jouer la carte de la concertation, trois maires UMP de communes avoisinantes, Julien Polat (Voiron), Marie-Christine Tardy (Meylan) et Michel Savin (Domène), l'ont en tout cas pris au mot, affichant leur volonté de racheter les caméras de la ville de Grenoble.

«Si Eric Piolle souhaite se défaire des caméras grenobloises, dans la mesure où celles-ci sont en bon état, pourquoi pas, indique le cabinet du maire de Voiron. Une chose est certaine, Julien Polat est partisan de la vidéoprotection.» Une caméra est ainsi déjà implantée à Voiron et la nouvelle municipalité envisage d'en «installer six autres prochainement».

«C'est l'opportunité de racheter du matériel qui marche à un prix intéressant»

Même son de cloche du côté de la maire UMP de Meylan Marie-Christine Tardy. «Ma proposition est très sérieuse, assure-t-elle. J'ai déjà lancé une étude de faisabilité technique et je viens d'écrire à Eric Piolle pour mettre nos services en relation. C'est l'opportunité de racheter du matériel qui marche à un prix intéressant. L'occasion fait le larron.»

Sur l'autre grand sujet lié à la sécurité, la position d'Eric Piolle est en revanche ferme et définitive. «On n'armera pas la police municipale», affirme le maire de Grenoble, rejetant ainsi le projet initié par la municipalité socialiste sortante.