Un voyage aux sources du graffiti

Manuel Pavard

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Dix-neuf toiles réalisées entre 1982 et 1992 sont exposées à Spacejunk.
Dix-neuf toiles réalisées entre 1982 et 1992 sont exposées à Spacejunk. — M. Pavard / Pleins Titres / 20 Minutes

Ils s'appellent Blade, Crash, Daze, Dondi, Futura, Kel 1st, Lady Pink, Min One, Sharp... En tout, 17 graffeurs new-yorkais légendaires dont les toiles s'affichent depuis le 14 novembre sur les murs de Spacejunk, à l'occasion de l'exposition «Graffiti - In the Beginning». «Ce ne sont que des noms incroyables, des pionniers de ce mouvement, aujourd'hui adulés un peu partout», souligne Jérome Catz. Le commissaire d'exposition et fondateur de la galerie a réussi le tour de force de présenter pour la première fois en France ces pièces issues de la collection de Willem Speerstra, «premier collectionneur à avoir fait venir les artistes américains en Europe».

«Des pièces historiques»


Pour Jérome Catz, l'exposition est « une photographie du mouvement graffiti à New York, au début des années 1980. Elle remonte aux sources du post-graffiti car toutes ces toiles, réalisées entre 1982 et 1992, sont les premières pièces faites sur des supports autres que les murs ou les trains. Ce sont des pièces historiques qui, dans une vingtaine d'années, seront toutes dans des musées et vaudront des centaines de milliers d'euros !» Une destinée glorieuse pour un art né dans les ghettos du Bronx, de Harlem et de Brooklyn, dans les années 1970. «Le graffiti est arrivé sous la forme de gros tags qui ont commencé à se remplir et se colorier, explique Jérome Catz. Petit à petit, les graffeurs se sont mis à écrire leur nom d'une manière nouvelle, toujours plus gros, à des endroits improbables.» A l'époque, les crews «correspondaient par trains interposés» dans tous les quartiers de New York. Depuis, le graffiti a gagné une certaine légitimité mais «aura toujours besoin de l'adrénaline de la clandestinité».

■ Spacejunk, un réseau de galeries d'art

Ancien snowboarder professionnel, Jérome Catz a ouvert en 2003 à Grenoble la galerie Spacejunk, dédiée aux cultures émergentes (lowbrow, board culture, pop surréalisme, street art...). Trois nouveaux espaces Spacejunk ont ouvert depuis, à Bourg Saint-Maurice, Lyon et Bayonne. Les grosses expositions, comme «Graffiti - In the Beginning» ou «Jon Fox» (à Grenoble à partir du 6 février) tournent sur les différents centres. www.spacejunk.tv