Sigmar Polke, l'alchimiste

Souhir Bousbih

— 

Le tableau " Mains " ouvre l'expo, comme à la Biennale de Venise en 1986.
Le tableau " Mains " ouvre l'expo, comme à la Biennale de Venise en 1986. — S.Bousbih/Pleinstitres/20Minutes

Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble, était un ami de longue date du peintre Sigmar Polke. Il lui rend aujourd'hui un très bel hommage avec cette exposition, la première organisée depuis son décès en 2010 : «Nous avions discuté avec Sigmar de l'idée de faire une exposition à Grenoble. Quand il est mort, j'ai reçu le soutien de ses enfants et de sa veuve pour la faire», souligne Guy Tosatto.

Il casse la notion de style


Soixante-dix tableaux ont ainsi été réunis, dont certains, comme le monumental Hermès Trismégiste, n'ont jamais été exposés en France. On découvre dans cette exposition un artiste amoureux des couleurs : «Il a essayé de réinventer la peinture dans ses composants en utilisant des matériaux oubliés, comme des couleurs à base d'arsenic ou d'orpiment », précise Guy Tosatto. Rien n'est figé dans ses toiles, tout se confond, l'abstrait et le figuratif, le contenu et le contenant. «Sigmar voulait montrer la complexité du visible et de la vie à travers ses œuvres. Chaque œuvre est ouverte, appelle à l'interprétation de chacun.» La fascination du peintre pour l'ésotérisme et le religieux est présente, mais ne définit pas cet artiste inclassable, où le style laisse la place à une liberté totale d'expression.

■ Bientôt à New York

Vous avez jusqu'au 1er février pour découvrir l'exposition. Il faudra sinon aller au Musée d'arts modernes de New York, qui prépare également une rétrospective sur l'artiste en 2014.