Un artiste oubliéà redécouvrir

Souhir Bousbih

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Artiste peintre prolifique et apprécié de ses contemporains au Second Empire, le Grenoblois Diodore Rahoult s'est effacé des mémoires au XXème siècle. Une «injustice» réparée par les conservateurs du Musée de l'Ancien Evêché et de la Bibliothèque Municipale, qui lui consacrent une exposition, «Paroles de Palettes», à découvrir dès aujourd'hui dans les deux lieux. «L'idée de faire cette exposition a surgi en 2003, mais il nous a fallu 10 ans pour rassembler les peintures de Rahoult. On en a retrouvé beaucoup dans des collections particulières» explique Isabelle Lazier, conservateur au Musée de l'Ancien Evêché.

Un amoureux du Dauphiné


Bien leur a pris de chercher aussi longtemps puisque pas moins de 70 huiles et aquarelles sont exposées au Musée de l'Ancien Evêché et 150 dessins à la Bibliothèque Municipale. Né en 1819, Diodore Raoult était un peintre qui vivait de son art. Beaucoup de ses œuvres étaient des commandes, qu'on retrouvait dans les salons bourgeois. Elles témoignent toutes des modes de l'époque et de ce goût répandu pour la peinture de genre. Des scènes galantes, mais surtout des illustrations inspirées du Dauphiné qu'il aimait tant. Les portraits d'anonymes, comme celui de «Bobilat», un marginal connu à Grenoble ou celui d'une enfant pauvre, dans « La Porte Close », surprennent : «Rahoult était un des rares, à l'époque, à se soucier des exclus et de la misère qui l'entourait» précise Isabelle Lazier. Décédé en 1874 des suites d'une apoplexie, il a laissé une empreinte indélébile à Grenoble, que peu de gens connaissent : «Il est à l'origine des peintures murales de la Bibliothèque Municipale» rappelle la responsable de collection Béatrice Guiffault.

■ Les «Quatre saisons» restent introuvables

Diodore Raoult était un coutumier des commandes pour les particuliers. En 1861, il réalise les décors d'un café sur la place Grenet. Il peint les quatre saisons, avec en fond les paysages dauphinois. La scène champêtre de l'Eté, par exemple, se déroule devant la cascade de Sassenage. Seulement, plus de 150 ans après, impossible de remettre la main sur ces œuvres, disséminées aux quatre coins du monde après une vente aux enchères en 1997.