Une idée qui va sauver des vies

Souhir Bousbih

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Pascal Defaye, cardiologue au CHU de Grenoble et initiateur du projet.
Pascal Defaye, cardiologue au CHU de Grenoble et initiateur du projet. — S.Bousbih/Pleinstitres/ 20Minutes

Le pacemaker Reply 200, sur le marché depuis peu, est une révolution médicale mondiale. Et pas seulement parce qu'il est le plus petit simulateur cardiaque au monde. Fruit du travail d'ingénieurs grenoblois du groupe Sorin et de médecins de l'hôpital Michallon, ce petit appareil permet de repérer le syndrome de l'apnée du sommeil ( SAS). Comment ? Grâce à un système de détection intégré qui calcule les mouvements du thorax. Si on note plusieurs fois par heures de courtes interruptions de la respiration, il y a apnée du sommeil. Simple, ingénieux. mais surtout très économique.

Un fort risque de mortalité


Economique car auparavant, le diagnostic passait par une hospitalisation et un examen lourd. Désormais, plus besoin de se déplacer...et payer. Un avantage qui doublé d'un autre, comme l'explique Pascal Defaye, cardiologue au CHU de Grenoble et initiateur du projet Reply 200 : «Il suffit que le patient dorme mal à l'hôpital pour que les résultats soient faussés. Alors que là, on interroge le pacemaker après 6 mois. C'est plus juste.» Plus touchés que le reste de la population par le SAS, les personnes cardiaques sont très exposées à la maladie : «Environ 60 à 70 % d'entre elles souffrent du SAS, sans s'en douter. D'où l'idée d'utiliser le pacemaker comme outil de dépistage. Chez elles, le risque de mortalité, et notamment de mort subite, est 4 à 5 fois plus élevé à cause d'un ralentissement extrême du rythme cardiaque ou d'une tachycardie», poursuit le cardiologue. Le SAS touche en majorité des hommes, et se manifeste notamment par des ronflements bruyants. Le traitement passe par le port d'un masque, où de l'air est injecté pour ouvrir les voies aériennes supérieures.

■ Prochaine étape : la transmission wifi

Pour le moment, le Reply 2000 passe tous les six mois entre les mains du médecin. Mais peut-être plus pour longtemps. Dans les années qui viennent, les informations du pacemaker seront transmises par télé-cardiologie, à partir de la maison, via une box. Pour les patients non cardiaques, le diagnostic se simplifie avec la polygraphie, un examen fait à domicile, qui remplace de plus en plus la polysomnographie, qui se fait elle à l'hôpital.