Grosses fritures sur la ligne E

Manuel Pavard

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Le SMTC devrait abattre les arbres qui protègent l'entrée de la copropriété.
Le SMTC devrait abattre les arbres qui protègent l'entrée de la copropriété. — M. Pavard / Pleins Titres / 20 Minutes

L'expert mandaté le 8 février dernier par le juge de l'expropriation doit rendre dans quelques jours son rapport sur le litige opposant le SMTC (Syndicat mixte des transports en commun) à la copropriété du Domaine de Rochepleine, à Saint-Egrève, mettant ainsi fin à une bataille judiciaire de deux ans. Le SMTC souhaite en effet acquérir une parcelle du domaine – et abattre ses arbres centenaires – pour le chantier du tram E.

La partie nord à la mi-2015


Problème : le prix offert est en décalage avec celui estimé par les copropriétaires et l'Office national des forêts. «Ça varie du simple au double, s'exclame Michel Issindou, président du SMTC. Ils réclament 600 à 700 000 €, ce n'est pas sérieux. On est prêt à payer à condition que ce soit le bon prix. C'est France Domaine qui fixe les tarifs de l'achat public et on a acheté tous les autres terrains au prix du domaine.» Pour lui, «ce n'est pas une question de prix – dérisoire par rapport aux 280 millions d'euros de la ligne – mais de principe. Ce serait insultant pour les 180 qui ont vendu leur terrain à l'amiable.» Pourtant, le pré-rapport de l'expert semble plutôt favorable à la copropriété. «Le SMTC a évalué les arbres à 71 000 €, l'ONF à 210 000 € et l'expert à 170 000 € », précise ainsi un copropriétaire. En attendant le verdict, le contentieux retarde le chantier et la mise en service de la partie nord de la ligne E, prévue à l'origine fin 2014. « On reste sur mi-2015», tempère Michel Issindou. «On nous accuse mais on n'a jamais été contre le tram, seulement contre l'emprise trop large, rétorque le copropriétaire. On avait d'ailleurs sorti des panneaux ''Oui au tram, non à l'abattage des arbres centenaires''. Ces arbres forment un bel écrin et une barrière contre la rue et le bruit.»

■ La partie sud mise en service en juin 2014

Si le chantier de la partie nord a pris du retard suite à ce litige, la partie sud de la ligne E, entre le terminus de Louise-Michel à Grenoble et la mairie de Saint-Martin-le-Vinoux, devrait en revanche être mise en service pour juin 2014, avec six mois d'avance sur le calendrier prévu. Le gros des travaux sur le cours Jean-Jaurès sera en effet terminé à la fin 2013 et les premiers essais du tram E devraient donc se dérouler au premier trimestre 2014.