«On défigure le paysage»

Souhir Bousbih

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Les opposants ont imprimé en grand le compte-rendu municipal de la discorde.
Les opposants ont imprimé en grand le compte-rendu municipal de la discorde. — S.Bousbih/Pleins Titres/20 Minutes

Ils ne décolèrent pas. Rassemblés sur le parvis de l'hôtel de ville lundi après-midi, les membres de l'association «Vivre à Grenoble» ont dénoncé l'attitude de la municipalité à leur égard depuis le débat organisé au printemps dernier : «Le 17 juin, nous avons exposé nos arguments pendant quatre heures et demie et qu'a fait la mairie ? Un compte rendu qui tient à peine sur dix lignes. On dirait que le maire agit comme si ce débat n'avait jamais eu lieu !» s'est insurgé le président de l'association, Bruno de Lescure. «Malgré le poids de la pétition que nous avons adressé à la municipalité, il n'y a pas eu de concertation. Or il y a une différence entre concertation et consultation» pour Benyoub Modan, membre de l'association.

Un moratoire avant l'élection municipale


La pétition en question, c'est celle qu'ont signée 21000 opposants au projet d'aménagement de l'Esplanade et qui demandait l'annulation du projet de la ZAC ainsi qu'une révision du PLU (plan local d'urbanisme). Elle a obligé la municipalité, en vertu de l'article14 de la Charte de la Démocratie Locale à ouvrir un débat extraordinaire. Mais pour Bruno de Lescure, l'essentiel a été mis de côté : «L'article 10 de cette même charte oblige la ville à mettre en place une consultation des grenoblois. Or sur notre demande de référendum et de moratoire avant les municipales, nous n'avons reçu aucune réponse du maire. Nous voulons que la question soit au coeur de la prochaine campagne et nous présenterons à chaque candidat plusieurs questions auxquelles ils devront répondre». Pour Philippe de Longevialle, la démarche de l'association est «inappropriée» puisqu'un comité de suivi et de concertation se tient ce soir… et ils y sont invités : «Nous avons tenu compte des remarques et revu le projet. Il faut juger sur pièces avant de critiquer. » Réponse des concernés : «On nous présentera un projet, mais on sait qu'on ne nous écoutera pas.»

■ Un parking cristallise les mécontentements

Le projet de la Zac de l'Esplanade se concentre autour de la création d'un grand parc urbain et la construction de 1100 logements. La construction de ce nouveau quartier se ferait sur un parking, ce que refusent des habitants comme Patrice Gunard-Brun : «On peut construire ailleurs sur l'Esplanade. On va défigurer le paysage et obstruer les perspectives sur la Bastille. Sans oublier que le parking est un espace qui accueille des cirques et des fêtes».