La décision de Chamussy fait voler la trêve en éclats

Manuel Pavard

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Chamussy s'oppose à sa fédération.
Chamussy s'oppose à sa fédération. — Margot D.

La guerre est relancée à l'UMP de l'Isère. Après des mois de luttes intestines pour les municipales, l'accord entériné par l'état-major parisien du parti, mardi dernier, devait pourtant ramener un semblant de paix en investissant Matthieu Chamussy, suivi d'Alain Carignon en troisième position et Richard Cazenave en numéro 7. Une image d'unité que l'on devinait néanmoins précaire, au regard des premières déclarations des différents protagonistes. C'est finalement Matthieu Chamussy qui a rallumé la première mèche, samedi, faisant voler en éclats ce fragile armistice.

Il « perd l'investiture »


Le candidat désigné de l'UMP a en effet annoncé qu'il reléguait Carignon et Cazenave au-delà de la 15e place. « Je suis un homme libre, assure-t-il. J'ai donc décidé de proposer à Richard Cazenave et Alain Carignon de figurer sur la liste que je mène en position éligible en cas de succès.» Traduction : en cas de défaite de l'UMP, ses deux rivaux seraient de facto écartés du conseil municipal. Si Matthieu Chamussy s'affiche ainsi en patron, il se met aussi en porte-à-faux vis à vis de Jean-François Copé. Sa déclaration a d'ailleurs suscité l'ire du président de la fédération iséroise Jean-Claude Peyrin, qui a vivement réagi : «Par sa décision irresponsable, M. Chamussy perd l'investiture UMP qui avait été donnée à un pack afin de garantir l'union et la diversité. Il préfère une dérive personnelle à une démarche de rassemblement de notre famille politique.»

■ Quelles suites ?

Jean-Claude Peyrin entend se référer aux «instances [de l'UMP] qui vont se prononcer afin qu'une alternative leur soit proposée». De son côté, Chamussy continue ses discussions, notamment avec l'UDI.