La Fabrique Opéra ovationnée

Souhir Bousbih

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Les années passent et le succès de La Fabrique Opéra ne se dément pas. Mieux, il est reconnu et salué par l'ambassadeur du Qatar en France, qui s'est déplacé mardi à Grenoble pour remettre à l'association le Prix de la Solidarité, qui récompense les « valeurs de solidarité, de fraternité, d'entraide et de générosité » qu'elle véhicule. Un chèque de 4 000€ a été remis et servira au règlement des fournisseurs de tissus. Le fondateur de La Fabrique Opéra, Patrick Souillot, n'en revient pas : «Depuis 2007, nous nous occupons de la précarité par la culture en offrant des places d'opéra à des gens qui n'ont pas les moyens d'y aller. Je suis heureux de voir que ça touche. »

Plus de 15 000 spectateurs


Cette satisfaction en cache une plus grande : celle de voir que le travail effectué par les 450 élèves de l'agglomération grenobloise, qui s'investissent chaque année pour monter un spectacle opéra en quelques mois seulement, soit reconnu: «Nous voulions rendre accessible l'art lyrique à tous, à commencer par les jeunes. Peu importe qu'ils viennent des quartiers ou pas, ils font un travail remarquable. Je suis heureux que les projecteurs soient braqués sur eux », poursuit-il. Au costume ou au maquillage, ce sont de leurs petites mains en coulisses que dépend la réussite du spectacle. Sabine Lantz, enseignante dans l'Atelier de la Mode du lycée Argouges, encadre la classe chargée des costumes. Pour elle, «c'est une expérience humaine, où il y a beaucoup d'échanges. Les filles de l'atelier sont fières car plus de 15 000 spectateurs vont admirer leur travail. Et puis, elles participent au salut final, c'est une consécration. » Un évènement auquel va participer Victoria, 18 ans. «Peut-être qu'après ça, j'aurai envie de faire costimière », déclare-t-elle, amusée.

■ Hommage à Offenbach

Après Nabucco l'an dernier, Les Contes d'Hoffman, le célèbre opéra du compositeur Offenbach, sera joué cette année au Summum les 28, 29, 30 mars et le 1er avril. La conception des costumes masculins a été confiée à un lycée à Fontaine. Le lycée Argouges s'est chargé de ceux des femmes, soit une quarantaine de tenues. Les élèves de BTS ont dessiné les maquettes, que les élèves de seconde devront coudre dès le mois de décembre.