L'affaire du meurtre de l'Ile Verte devant les Assises

Manuel Pavard

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Les trois tours de l'Ile Verte.
Les trois tours de l'Ile Verte. — M. Allard / Pleins Titres

Un meurtre sur fond de trafic de drogue, dans un quartier plutôt calme et bourgeois. L'affaire, jugée depuis lundi par la Cour d'assises des mineurs de l'Isère, avait fait grand bruit à l'époque, Michel Destot réclamant la convocation d'un «Grenelle de la sécurité». Le 12 juillet 2010, en fin d'après-midi, Moussa, 24 ans, est abattu de deux balles en pleine rue, dans le quartier de l'Ile Verte, par deux individus qui s'enfuient à moto. La police songe à un guet-apens lié au trafic de stupéfiants et interpelle, quelques heures plus tard, deux suspects de 17 et 19 ans. En décembre 2010, un troisième homme, soupçonné d'être le commanditaire, est arrêté.

Des témoins se rétractent


Les deux premiers comparaissent pour assassinat, le troisième pour complicité d'assassinat. «Ce sont des innocents injustement accusés par des faux témoins, qui ont colporté des ragots dont s'est servie la police, affirme Me Bernard Ripert, avocat de la défense. Il n'y a aucun élément de preuve sérieux.Le soir-même, des rumeurs accusaient ces deux personnes car elles étaient sur les lieux. La police n'a pas exploré d'autre piste.» S'il n'existe en effet aucune preuve matérielle – l'arme n'a jamais été retrouvée –, Me Bénédicte Tarayre, avocate des parties civiles, évoque «un faisceau d'indices : déclarations, incohérences, écoutes téléphoniques. En plus, on a des témoins qui se rétractent ou sont en voyage, à cause des pressions qu'ont pu faire les accusés. C'est un signe que tout est vrai.» Elle l'admet toutefois, «le dossier est délicat et ira sans doute en appel».

■ Procès à huis clos

Le procès, qui doit durer jusqu'à vendredi, se déroule à huis clos total, sans aucun public ni journaliste. L'un des accusés était en effet mineur (17 ans) au moment des faits.