Les jeunes ont (presque) le choix

Souhir Bousbih

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On sait que la rentrée rime souvent avec galère pour les étudiants en quête de logements. Si cette année ne déroge pas à la règle, les difficultés se font cette fois sentir des deux côtés de la barrière. De plus en plus de propriétaires se plaignent ainsi de ne pas trouver de locataires. Une tendance confirmée par Olivier Têtu, directeur de l'agence immobilière A.C Immo : «Il y a moins de demandes, les appartements traînent davantage avant de trouver preneur. Certains propriétaires ont été obligé de baisser le loyer.» Même constat à l'agence Boyer Torolllion où on évalue une baisse de locations étudiantes de « 20 % environ ».

Un marché saturé


Plusieurs facteurs expliquent cette situation. «Dernièrement, de nombreuses résidences ont été construites dans la ville et aux alentours», explique Delphine Grand, directrice de l'Adiij (Association départementale information initiative jeunesse). Un phénomène qu'elle relie par ailleurs à la crise économique : «Il y a trois ans, les étudiants se pressaient chez nous dès le mois de mai. Aujourd'hui, ça se bouscule beaucoup moins au portillon. Se loger est devenu trop cher pour beaucoup d'étudiants qui préfèrent, s'ils le peuvent, rester chez leurs parents.» Les résidences étudiantes et le Crous rencontrent à l'inverse toujours autant de succès. Edouard, 19 ans a porté son choix sur Les Estudines, une résidence privée. «Le prix n'est pas donné mais les studios sont équipés et c'est pratique», souligne-t-il. Devant le bureau du Crous, la file d'attente est longue. Delphine en sort contente. Elle a obtenu une chambre sans être boursière : «Je suis heureuse car je n'avais pas les moyens de me loger en ville.»

■ Les solutions «alternatives» ont la côte

Devant des prix qui dépassent leur budget, les étudiants privilégient la débrouille. L'association DIGI ( domicile inter générations isérois) rencontre à ce titre de plus en plus d'adhésions. Elle propose aux étudiants, moyennant une participations aux charges de 50 € et de menus services, d'être logé chez des personnes âgées gratuitement. L'association étudiante AFEV propose également un projet de colocation solidaire ,les «KAPS» au quartier Mistral.