«Nous voulons laisser une trace avant de disparaître»

Propos recueillis par Laura Howlett

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Daniel Huillier était résistant à 15 ans
Daniel Huillier était résistant à 15 ans — Laura Howlett / Pleins Titres / 20 Minutes

Daniel Huillier, président de l'association nationale des pionniers et combattants volontaires du Vercors (ANPCVV), est l'un des derniers témoins des luttes résistantes dans le massif pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour les 70 ans de la Libération et de l'association, l'ANPCVV planche sur la création d'un musée virtuel du «Vercors résistant».

Pourquoi cette initiative ?

Les maquisards du plateau disparaissent : il ne reste qu'une centaine de survivants et la commémoration des 70 ans sera notre dernière. Nous voulons laisser une trace avant de disparaître.

Internet est-il un bon support pour des contributions historiques ?

On y trouve tout et n'importe quoi, nous souhaitons donc figer une mémoire authentique et accessible. Le site sera labellisé par la Fondation de la Résistance et alimenté par des contenus scientifiques d'historiens de Sciences-Po Grenoble et d'experts militaires de la Fédération des soldats de montagne.

Vous apportez également votre témoignage...

Je connais bien le sujet : j'ai grandi dans une famille de résistants ! Mon père a participé à la création du premier maquis de France en 1941 à Ambel. Je me suis engagé avec lui à 15 ans, j'ai connu tous les héros du Vercors. Il y a des souvenirs douloureux, comme le soir où j'ai vu mon oncle se faire abattre par des SS depuis la fenêtre de mes grands-parents. Les jeunes doivent garder cette histoire en tête, savoir que le Vercors a souffert mais n'a jamais été anéanti et vit encore par

le souvenir et la reconstruction.

■ Archives inédites

Le site, intégré au Musée Virtuel de la Fondation de la Résistance, présentera des archives non exploitées de l'ANPCVV, retraçant notamment l'aide des Pionniers dans la reconstruction du massif.