Un risque réduit mais présent

Manuel Pavard

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Depuis de longues années, l'énorme cône rocheux des Ruines de Séchilienne menace de s'effondrer au-dessus de la Romanche. Un risque suivi attentivement par la Clairs (Commission locale d'analyse et d'information sur le risque Séchilienne), qui s'est réunie ce mardi en préfecture. A l'ordre du jour : la forte activité du site depuis décembre. «Les récents épisodes pluvieux et neigeux ont provoqué des déplacements de roches beaucoup plus importants que les années précédentes», explique Marc Planet, président du collège d'experts.

Deux parades envisagées


Plusieurs glissements de terrain, d'un volume total de 1 000 m³, se sont ainsi produits le 27 avril. Un phénomène qui risque de se répéter dans les années à venir, selon les experts. «L'hypothèse d'un éboulement de 3 millions de m³ en une fois est peu probable, tempère toutefois Marc Planet. Le plus gros, en octobre 2006, était de 30 000 à 40 000 m³ et on privilégie plutôt des éboulements successifs.» Le discours est plutôt rassurant mais la préfecture préfère anticiper le pire scénario. Si le risque d'une inondation allant jusqu'à Pont-de-Claix a été revu à la baisse, la menace plane en effet toujours sur la RD1901 et la desserte de l'Oisans. Après avoir évacué les dernières familles de l'Ile Falcon, en 2011, les autorités planchent maintenant sur deux réponses. «Nous allons réaliser une déviation routière de la RD1901, précise Gilles Strappazon, conseiller général (PS) du canton de Vizille. Il s'agira d'un tronçon à 2x2 voies d'1, 5 km, sur le versant opposé. La mise en service est prévue à l'automne 2016.» Enfin, une «parade hydraulique» permettra, fin 2015, de rehausser et conforter les digues, en cas de crue importante.

■ Le site à risque le plus surveillé de France

Depuis 1985, le CETE (Centre d'études techniques de l'équipement) de Lyon surveille les Ruines de Séchilienne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, pour le compte de l'Etat. Les résultats des mesures sont exploités en continu et permettent de détecter les signes précurseurs des éboulements et de formuler un pronostic concernant le délai jusqu'à la rupture. «Aucun site français n'est aussi surveillé», assure le préfet de l'Isère Richard Samuel.