La politique sécuritaire de la municipalité inquiète

Laura Howlett

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Six partis étaient réunis ce lundi.
Six partis étaient réunis ce lundi. — Laura Howlett / Pleins Titres / 20 minutes

C'est une première : des partis de la majorité municipale, le MRC (mouvement républicain et citoyen) et le PC, se sont réunis devant la presse avec des membres de l'opposition (EELV Grenoble), le parti de Gauche, l'Ades et Alternatifs pour remettre en question la politique de sécurité de la ville. Lundi au Café de la Table Ronde place Saint-André, ils ont partagé leurs doutes sur l'efficacité des mesures récemment proposées par Michel Destot concernant le développement de la vidéosurveillance et l'armement de la police municipale à Grenoble.

Réticences des deux côtés


«Les réticences face aux mesures proposées et à la rapidité de leur annonce dépassent les clivages entre opposition et majorité, affirme Olivier Bertrand, d'EELV. Notre point commun est de vouloir en débattre en conseil municipal avant les prochaines élections». Marie-France Monery, du PC, explique pourquoi le sujet provoque des dissensions parmi les élus : «Cette politique sécuritaire ne fait pas partie du programme de la majorité plurielle établi lors des municipales de 2008, d'où la volonté d'en discuter en interne et avec les citoyens.» «Le recours à la vidéosurveillance et l'introduction d'armes dans la police municipale sans preuve de leur efficacité est une révolution silencieuse, ajoute Eléonore Perrier, conseillère municipale déléguée et membre du MRC. Nous voulons un compte rendu du comité d'éthique et une évaluation sérieuse de l'impact des caméras sur la délinquance.» Contacté, Jérôme Safar, adjoint à la sécurité, n'a pu être joint.

■ L'annonce en cause

Le 17 mai, Jérôme Safar avait annoncé l'armement de la brigade de nuit de la police municipale et l'installation de 20 caméras supplémentaires à Grenoble d'ici à la fin du mandat du maire.