Interrogations sur l'avenir de la ligne Lyon-Turin

Manuel Pavard

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Un TGV arrive à la gare de la 
Part-Dieu à Lyon (illustrations).
Un TGV arrive à la gare de la Part-Dieu à Lyon (illustrations). — C. Villemain / 20 Minutes

L'Usine Nouvelle a jeté un pavé dans la mare en publiant, mardi, des pans du rapport de la commission Mobilité 21, chargée de passer au crible 70 projets d'infrastructures. Selon l'hebdomadaire, la LGV (ligne à grande vitesse) Lyon-Turin serait « repoussée aux calendes grecques». D'après une source bien informée, « ce qui se dessine, c'est que la commission n'a pas mandat pour se prononcer sur la section internationale – le tunnel de 57 km entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse. Si on s'engage là-bas, ça obère le financement de tous les autres projets jusqu'en 2030. »

Rapport présenté mercredi


«La commission avance deux scénarios qui préconisent chacun de reporter au-delà de 2030 le contournement ferré de l'agglomération lyonnaise et les accès français au tunnel», poursuit-elle. Eliane Giraud, vice-présidente de la Région, et Réseau Ferré de France refusent quant à eux de «réagir à des rumeurs et attendent la présentation du rapport au gouvernement, mercredi prochain». «On entend ce type d'infos chaque mois, ajoute un autre proche du dossier. Nos dernières réunions avec les Italiens étaient plutôt favorables au creusement des galeries. On les a déjà faites côté Maurienne et si l'Italie a pris du retard avec la jacquerie des No Tav, les travaux qui étaient empêchés ont bien débuté.» Pour pouvoir financer le tunnel, évalué à 10 milliards d'euros, France et Italie «plaident leur cause à Bruxelles». « On ferait mieux de mettre l'argent de l'UE sur les accès des deux côtés», rétorque Benoit Demongeot (EELV).

■ Atout à Grenoble ?

Si Grenoble n'est pas directement concernée par le TGV Lyon-Turin, celui-ci permettrait, selon la Région, de moderniser le réseau et d'affréter plus de trains pour la desserte de la région grenobloise.