Opération castors en Terre de Feu

Manuel Pavard

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Romain Lemaire a analysé le comportement des castors en Terre de Feu.
Romain Lemaire a analysé le comportement des castors en Terre de Feu. —

Rien ne prédestinait Romain Lemaire à partir étudier le comportement des castors en Argentine. «Je n'avais aucune connaissance particulière sur le sujet, juste un intérêt scientifique, indique ce Grenoblois de 33 ans, ingénieur en micro-électronique au CEA. En 2011, je cherchais un projet de volontariat sur la protection de la biodiversité et j'ai découvert le congé solidaire, proposé par l'ONG Planète Urgence.» Le concept, adapté aux contraintes des salariés, est idéal : «Les missions de terrain ne demandent pas un bagage spécifique trop important.»

Observation et comptage


Après une première mission en 2012, déjà en Argentine, sur une espèce de crabe invasif, Romain Lemaire remet le cap sur le sud du pays, en mars-avril 2013. «En Terre de Feu, des populations de castors, introduites par l'homme en 1946, ont colonisé le territoire, explique-t-il. Se pose alors la question de leur impact sur la faune et la flore : en construisant des barrages, ils peuvent noyer des vallées et détruire des forêts.» Romain Lemaire et trois autres volontaires de l'ONG assistent un doctorant argentin qui tente de calculer l'expansion future du castor. «Durant deux semaines, on s'est réparti sur les deux terrains : forêts et montagnes au sud de la Terre de Feu, steppes au nord. Chaque jour, on observait les colonies de castors, on les comptait et on posait des pièges pour les capturer, afin de les mesurer et leur implanter des marqueurs ou des émetteurs radio. On pouvait ainsi tracer leurs déplacements.» Un défi car «les castors sont mobiles et peuvent mordre». Ravi de l'expérience, Romain Lemaire songe maintenant à «s'impliquer dans une association locale de protection de la biodiversité».

■ Le congé solidaire, gagnant-gagnant

Planète Urgence permet chaque année à 600 à 700 personnes de partir en congé solidaire pour des missions d'aide aux populations ou de protection de l'environnement. Tout salarié peut partir sur son temps libre durant 2 à 4 semaines, «à un coût financier amoindri car l'ONG a recours aux dons, précise Romain Lemaire. Il doit déjà y avoir sur place une association locale qui a monté un projet et a besoin d'aide.»Contact : www.planete-urgence.org