Quand une petite phrase cause un gros choc

Manuel Pavard

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M. Pavard / Pleins Titres / 20 Minutes

C'est une phrase d'André Vallini dans le numéro de juin d'Isère Magazine qui a mis le feu aux poudres. Dans une longue interview, publiée au sein d'un dossier sur les familles d'accueil, le président du conseil général affirme ceci : «Ces mauvais traitements sont aussi un problème majeur de santé publique, notamment par leurs conséquences à long terme sur la santé physique et mentale des enfants : autisme, suicide, délinquance…» Des propos qui ont aussitôt déclenché un tollé chez les familles iséroises d'enfants autistes.

«Violemment outragés»


Pour Jean-Paul Corlin, adjoint cadre hospitalier à l'Etablissement public Le Charmeyran, et père d'un fils autiste de 25 ans, «les parents se sentent violemment outragés car M. Vallini prétend que l'autisme peut être dû à des maltraitances. Pourtant, on est passé pour l'autisme d'une thèse psychiatrique à une thèse totalement neurologique.» Face à ces réactions, André Vallini, qui n'a pu être joint, a envoyé une lettre aux parents. «Selon la littérature internationale et quelques rares études françaises, la maltraitance dans l'enfance peut être responsable de troubles mentaux sévères dans l'adolescence et jusqu'à l'âge adulte, écrit-il. En aucun cas elle ne peut être responsable de cas d'autisme, pathologie faisant l'objet de multiples recherches génétiques et dans la genèse de laquelle l'environnement n'est pas impliqué.» Jean-Paul Corlin n'est pas convaincu : «Il se dit désolé, mais ne contredit pas ses propos. Je me réserve le droit de donner une suite.»

■ Colloque national

André Vallini organise ce jeudi au Sénat, à Paris, un colloque sur le thème de l'enfance maltraitée, qui réunira les meilleurs spécialistes du sujet (médecins, travailleurs sociaux, enseignants, magistrats).