La pizza tombe à plat quai Perrière

Laura Howlett

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Alors que les travaux entamés en 2012 quai Perrière sont quasiment terminés, la fréquentation de la trentaine de pizzerias du quartier est toujours en berne. Ces commerces, qui souffraient déjà d'une forte baisse du nombre de clients en raison du chantier, ont à peine eu le temps de sortir la tête de l'eau que la pluie leur tombe déjà dessus.

Zéro couvert quand il pleut


«C'est un cumul de facteurs, témoigne le gérant de la pizzeria Di Roma, Sushil Kumar. Entre la gêne occasionnée par les travaux et surtout le mauvais temps persistant, beaucoup de collègues du coin ont perdu plus de 50% de leur chiffre d'affaires. On est en juin et au lieu de pouvoir installer ma terrasse, j'ai dû remettre le chauffage hier à cause du froid. Quand il pleut, je fais zéro couvert, on dirait que le quartier est mort.» Alain Pilaud, adjoint à l'animation, nuance le bilan : «Certaines pizzerias ont très bien redémarré depuis le dégagement du quai. J'ai proposé à ces commerçants des animations pour dynamiser le lieu, mais ils ne sont pas d'accord entre eux. Je ne peux pas faire le bonheur des gens malgré eux et la ville ne peut éponger leur déficit». Une pizza-party sur le pont suspendu avait en effet été proposée aux restaurateurs en février. Mais pour Sushil et d'autres pizzaïolos regroupés dans l'Union des Commerçants Quai Perrière (UCQI) «cela ne [les] intéresse pas. On voulait un soutien financier. Aujourd'hui, on croit davantgae au retour du soleil qu'à cette aide pour améliorer la situation». Alain Pillaud, qui «refuse que l'on blâme la ville», évoque l'installation, la semaine prochaine, de nouvelles signalétiques pour inciter les Grenoblois à traverser le pont et à retourner manger sur les quais.

■ Les subventions se font attendre

Fin 2012, une trentaine de commerçants et de restaurateurs s'étaient rassemblés pour créer l'UCQI et demander à la ville une hausse du Fisac (Fonds d'intervention pour le service, l'artisanat et le commerce) après le refus de l'exonération des droits de voirie. «On est toujours en attente de réponse, déclare Sushil Kumar. En contrepartie, il faut investir de l'argent, c'est impossible. J'ai déjà dû me séparer de 2 employés, je suis tout seul.» W