Enquête autour d'un bébé congelé

Manuel Pavard et Chantal Féminier

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Le couple habite dans un étage au-dessus de la librairie, fermée lors de la perquisition.
Le couple habite dans un étage au-dessus de la librairie, fermée lors de la perquisition. — M. Pavard / Pleins Titres / 20 Minutes

Quelques heures après les faits révélés par le site du Dauphiné Libéré, les habitants de la rue principale de Moirans restent sidérés par ce qu'ils apprennent, pour certains, de la bouche des journalistes.

Ce mardi, à l'heure du déjeuner, les gendarmes de Renage et de Saint-Marcellin se sont rendus au domicile d'un couple habitant au 74, rue de la République.

L'homme qui vivait dans cet appartement avec sa compagne avait découvert, dimanche, un bébé congelé en ouvrant le congélateur. Il «s'est interrogé toute la journée de lundi et, n'y tenant plus, est allé le dire aux gendarmes ce [mardi] matin », a expliqué Jean-Yves Coquillat, le procureur de la république de Grenoble, cité par leparisien.fr.

Une première perquisition s'est avérée infructueuse mais «vraisemblablement sur les indications de la compagne de l'homme qui a signalé les faits», les gendarmes auraient découvert le corps sans vie d'un nourrisson dans un hameau situé à quelques kilomètres de Moirans, où elle aurait jeté le nouveau-né après l'avoir retiré du congélateur.

La jeune femme, âgée de 28 ans et mère de deux autres enfants de 8 et 2 ans issus d'une précédente union, a été mise en garde à vue. Une autopsie du corps du nourisson devrait être réalisée ce mercredi.

Dans le domaine de la folie


Du côté des riverains, la stupeur domine. A la Maison de la presse, installée au rez-de-chaussée, Vincent Merzi connaît mal les locataires de ce petit immeuble «où il y a du turnover». Il ne sait même pas s'il a déjà vu le couple. Il était absent lors de la venue des gendarmes : «Je ferme toujours entre midi et deux, comme l'opticien d'à côté.» Le commerçant «a du mal à imaginer» qu'un tel drame puisse se produire : «On entre là, dans le domaine de la folie». L'affaire est désormais entre les mains du procureur «qui se refuse à tout commentaire», la justice devant établir s'il y a ou non infanticide.