Détours de Babel en quête de spirituel

Chantal Féminier

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D Darr

Après «musique et identité» en 2011 et «musique et politique» en 2012, le festival Les Détours de Babel se penche cette année sur le thème «musique et religion». Ainsi est bouclée la trilogie «voulue par les directeurs des festivals 38es Rugissants et Grenoble Jazz festival lorsqu'ils ont fusionné leur festival en 2010 pour donner naissance aux Détours de Babel», explique Joséphine Grollemund, administratrice de celui-ci. Cette quête de spirituel et de sacré, baptisée «Désir d'infini», ne risque-t-elle pas de rendre cet événement élitiste ou réservé à des adeptes d'une religion ?

Benoît Thiebergien, ancien directeur des 38es Rugissants, anticipe la question dans son éditorial publié sur le site du festival : «Les musiques sacrées (…) accompagnent les cérémonies, rituels (…), fêtes collectives (…), autant d'éléments essentiels à l'individu et au groupe, mais qui dépassent les églises, dogmes et liturgies.»

Lieux improbables


L'administratrice en témoigne : «Nos spectacles sont très ouverts au grand public et, pour l'instant, ils font le plein !» Elle cite «Campant», le concert d'ouverture donné samedi par les cloches de sept églises de la ville. «Le Musée du Dauphiné nous avait également prêté ses cloches et ses sonnailles que nous avions disséminées dans la Bastille. Nous proposons ainsi des concerts dans des salles dédiées, mais également dans des lieux improbables. Et si la musique que nous programmons – contemporaine, improvisée, électro… – n'est pas forcément connue, elle n'est pas difficile.»

Jusqu'au 20 avril, Les Détours de Babel mêleront ainsi les voix et les instruments, les genres et les époques : «Les musiciens eux-mêmes sortent des frontières esthétiques», souligne-t-elle. Pour preuve, la rencontre, le 17 à la MC2, du collectif La Forge (impro jazz) et des Musiciens du Louvre (baroque) ou celle le 20, à la MC2 également, de Charles Lloyd, saxophoniste américain, de la chanteuse grecque Maria Farantouri et du joueur de lyre Socratis Sinopoulos.