La polémique entre dans la zone de sécurité prioritaire

Chantal Féminier

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Le quartier Mistral est dans la ZSP.
Le quartier Mistral est dans la ZSP. — M. Pavard / Pleins Titres/ Minutes

«C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.» Le président de l'Association pour la démocratie, l'écologie et la solidarité (Ades), Jean-Marc Cantèle, commente en ces termes l'article du Dauphiné Libéré qui pointe une situation qui «dure depuis des années» : la présence dans certains quartiers concernés par la zone de sécurité prioritaire (ZSP) à peine installée, «de zones de non droit» dues au trafic de drogues. «Il est grand temps, lance-t-il dans un communiqué, de libérer ces secteurs, de permettre aux habitants de circuler en toute sécurité.»

Des guetteurs de 12-13 ans


Comment ? En mettant face à leurs responsabilités «le maire et le préfet qui, dans leurs compétences respectives, ont une obligation de résultat». Et Vincent Comparat, porte-parole de l'Ades, de préciser : «Tout citoyen peut leur demander d'agir pour faire cesser les troubles à l'ordre public, et en cas de refus, les attaquer en justice», invitant les bailleurs sociaux à le faire au nom des habitants.

«Le»y'a qu'à… faut qu'on«, c'est facile, rétorque Monique Vuaillat, présidente d'Actis et adjointe au logement élue sur la liste PS du maire. On n'est pas dans de la querelle de voisinage mais dans de la criminalité. Moi-même, je dénonce cette situation depuis 2 ans. Les locataires n'en peuvent plus. Depuis l'installation de la ZSP le 11 mars, les policiers sont déjà beaucoup plus présents à Mistral, Teisseire et La Villeneuve. Je les ai vus hier Galerie de l'Arlequin.» La préfecture comptabilise ainsi «430 visites de parties communes depuis le début de l'année» et «plusieurs affaires emblématiques réalisées dans la lutte contre le trafic de drogues», alors que les cellules opérationnelles ZSP doivent se réunir ce mois-ci.

Mais Monique Vuaillat qui voit à «Teisseire des gamins de 12-13 ans enrôlés comme guetteurs», réclame aussi une «vraie politique de prévention» et un débat sur le contrôle de la production de cannabis, voire sa légalisation. Un point sur lequel l'Ades la rejoint.