L'art de revisiter une œuvre d'art

Manuel Pavard

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C'est devenu le rendez-vous attitré des noctambules de l'art. Ce mercredi soir, le Musée de Grenoble accueille la 10e édition de la Nocturne des étudiants, organisée en partenariat avec le PRES Université de Grenoble. Un vrai travail d'équipe puisque «chaque année, le Musée recrute un étudiant de Sciences-Po pour participer à la programmation», explique Anaïs Morand, l'heureuse élue en 2013. Le principe : «on lance un appel à tous les étudiants pour qu'ils présentent un projet sur une œuvre de leur choix.»

Interaction avec le public


Une centaine d'entre eux ont répondu, pour proposer une vingtaine de projets. En solo ou en groupe, ces «médiateurs d'un soir» revisitent librement les œuvres des collections anciennes, modernes ou contemporaines, redéfinissant les codes de la visite. « On rencontre toutes les formes d'expression artistique, précise Anaïs Morand : performances théâtrales, danse, concerts, jeux, audiovisuel, installations sonores… Il y a beaucoup d'interaction avec le public et des expériences très originales comme cette construction de ballons rouges, l'an dernier, dans la salle du XVIIIe.» Noémie Guibal, étudiante aux Beaux-Art, a ainsi monté avec 11 autres étudiants «un spectacle dansé, chanté et conté sur le thème des gitans. On a répété une à deux fois par semaine depuis octobre. Nos chorégraphies s'étaient déjà inspirées de l'exposition Bohème du Grand Palais à Paris. Cette fois, on interprète l'hymne rom autour d'un tableau sur un camp de gitans.»

■ Deux temps forts, dedans et dehors

Outre la vingtaine de créations présentées au cœur des collections, deux gros temps forts sont à noter : une performance théâtrale de l'association La Trace Jaune, de 20 h à minuit, sur l'esplanade François-Mitterrand; et une chorégraphie dans la galerie centrale avec la Cie Attrape-Corps et le chorégraphe Nicolas Hubert, dès 23 h.