La hausse des charges, fléau du logement social

Chantal Féminier

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M. Pavard / Pleins Titres / 20 Minutes

La Fondation Abbé Pierre a présenté jeudi à Grenoble son 18e rapport annuel «L'Etat du mal-logement en France», en lui donnant comme chaque année un éclairage régional. Avec des indicateurs économiques en berne - hausse du chômage, des contrats précaires et des bénéficiaires du RSA - «l'augmentation du coût des logements s'ajoute aux difficultés économiques et sociales» constate le rapport, pour les ménages rhônalpins comme pour ceux de l'agglomération grenobloise.

Eviter l'expulsion


Si les loyers ont connu une hausse relativement faible en 2012, «ils restent très élevés dans le privé à Grenoble (12, 7 € le m2 contre 9, 4 € à Valence ou 11, 7 € à Chambéry) pour des ménages aux ressources limitées», regrette Frédéric Cesbron, directeur de l'association Un toit pour tous. Le social, où les loyers sont limités «autour de 5 € le m2», n'est pas épargné en revanche par la hausse sensible des charges, de chauffage notamment, souligne le rapport qui parle de «précarité énergétique». «L'opération Mur mur de la Métro, qui favorise l'isolation des copropriétés, est bénéfique mais il faudrait pouvoir donner attribuer aussi des aides individuelles», poursuit Frédéric Cesbron.

A Echirolles, dans le quartier de la Ville neuve, le logement constitue une grosse partie du travail des assistantes sociales : «Nous recevons beaucoup de personnes qui ont des difficultés à accéder à un logement ou à payer le loyer, l'EDF, l'assurance…, témoigne l'une d'elles, Nathalie Rival. Quand c'est un accident de parcours, on les soutient un mois ou deux pour les remettre à niveau mais souvent, c'est un budget entier qui ne tient pas, parce que les ressources sont trop faibles». Il faut alors trouver d'autres solutions pour éviter l'expulsion : «une mutation dans un logement moins cher ou une négociation avec le bailleur», poursuit l'assistante sociale qui voit arriver avec inquiétude la fin de la trêve hivernale.