«Vivre à Grenoble» exige un débat public

Manuel Pavard

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Leur présence n'est pas passée inaperçue dans le hall de l'Hôtel de ville. Jeudi matin, les membres de «Vivre à Grenoble» ont remis au directeur de cabinet du maire, ainsi qu'aux groupes écologiste et UMP, leur pétition contre le projet de ZAC de l'Esplanade, signée depuis le mois d'avril par plus de 17 000 personnes, dont 8 174 Grenoblois. «Nous demandons un débat public lors d'un conseil municipal extraordinaire (le sujet doit donc être le seul à l'ordre du jour), en application de la charte de la démocratie locale », explique Jacques Soudre, président de l'association. L'article 14 de la charte prévoit en effet qu'à partir de 8 000 signatures de Grenoblois recueillie sur un sujet donné, la ville s'engage à ouvrir un débat en conseil municipal.

Un conseil au printemps


Reste à en définir les conditions. Pour Bruno de Lescure, de « Vivre à Grenoble», «ce débat doit être ouvert à tous, dans une grande salle et non dans celle du conseil, et doit permettre le dialogue et la diffusion d'images. On attend que les élus viennent nous voir pour les modalités concrètes.» «On organisera au printemps un conseil municipal sur le projet de l'Esplanade et on reprendra un processus de concertation avec les habitants et l'architecte», répond Philippe de Longevialle. L'adjoint à l'urbanisme botte cependant en touche quant à la tenue d'une séance extraordinaire : «Il est trop tôt pour dire quelle forme prendra ce débat. Mais je refuse d'entendre qu'il n'y a pas eu de concertation. On a fait de multiples réunions publiques, présentations et café-débats.»

■ La densité en question

Le projet prévoit dans un délai de quinze ans la construction de 1 100 logements et une refonte de l'entrée nord-ouest de la ville. «On veut une densité raisonnable, avec des bâtiments pas plus hauts que la largeur de la rue, précise Bruno de Lescure. On annonce des hauteurs de 27 à 60 m alors qu'on a des venelles de 6 m de large.»