Les étudiants plébiscitent la drague 2.0

Manuel Pavard

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Les trois étudiants, qui souhaitent rester anonymes, ont créé la page Facebook le 15 janvier.
Les trois étudiants, qui souhaitent rester anonymes, ont créé la page Facebook le 15 janvier. — M. PAVARD / PLEINS TITRES / 20 MINUTES

«Oh toi, jolie brune au sourire charmeur, au Phœnix nous nous sommes croisés, mon cœur tu as envoûté…» Depuis un mois, les messages de ce type fleurissent sur la page Facebook «Spotted : Campus Grenoble». Venu des universités américaines via la Belgique et l'Angleterre, le phénomène Spotted (« repéré ») est arrivé sur le campus grenoblois à l'initiative de trois étudiants, Amandine, Romain et Nina*. «J'ai vu sur Facebook quelqu'un qui a aimé la page de Montpellier, précise Amandine. J'ai vérifié que ça n'existait pas à Grenoble et j'ai créé la page le 15 janvier.» Le concept ? «Après avoir flashé sur quelqu'un, les gens nous envoient leur déclaration par message privé et nous la publions anonymement», explique Nina. «Le message doit décrire la personne, le jour, le lieu, ajoute Amandine. Le but, c'est qu'une personne qui se reconnaît nous contacte pour être mise en relation avec l'auteur si celui-ci le souhaite.»

250 posts et 5 000 «like»


«Les messages sont en général poétiques, parfois très directs ou très précis comme cette étudiante qui détaillait les vêtements d'un skieur qu'elle recherchait, raconte Romain. On peut aussi ne pas publier certains posts un peu trop crus.» Si tous les étudiants grenoblois sont visés, les lieux de rencontre sont, eux, très divers : tram C, arrêt Les Taillées, BU, discothèques… Sur le campus, l'engouement est visible et le sujet «alimente les conversations à la pause café». En moins d'un mois, plus de 5 000 personnes ont ainsi aimé la page, qui a reçu 250 messages. Les trois amis, qui y passent une à deux heures par jour, admettent le côté addictif. «Dès qu'on reçoit un post, on le lit pour voir si on reconnaît un ami», avoue Nina. Leur succès a en tout cas fait des émules avec plusieurs Spotted créés sur le même modèle, à Stendhal, Grand'Place ou même la ville entière. Quant à savoir si des idylles se sont nouées grâce au Spotted, difficile à dire… «Les gens ne nous racontent pas la suite.»