Le Marocen mission culinaire

Manuel Pavard

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Le chef Issam Jaafari s'est entraîné en conditions réelles mardi, au lycée du Clos d'Or.
Le chef Issam Jaafari s'est entraîné en conditions réelles mardi, au lycée du Clos d'Or. — M. PAVARD / PLEINS TITRES / 20 MINUTES

Dans les cuisines du lycée du Clos d'Or, Issam Jaafari coupe et prépare à une vitesse impressionnante filet de bœuf, homard et turbot, tout en gardant un œil sur la pendule, un autre sur les casseroles. Arrivé samedi à Grenoble, le sous-chef du Palace Es Saadi, à Marrakech, entouré de son commis Anass Ifiss et du coach Sébastien Bontour, effectue ce mardi après-midi le premier de ses trois entraînements en conditions réelles. Dans une semaine, à Lyon, le trio marocain affrontera, en effet, 23 autres délégations pour tenter de décrocher le Bocuse d'Or et devenir ainsi la première équipe africaine vainqueur de la coupe du monde de cuisine. Au menu : un plat de poisson et un plat de viande, à réaliser en 5 h 30.

Touche personnelle


Depuis des semaines, l'équipe peaufine ses recettes sur les thèmes imposés : filet de bœuf, turbot, homard. «Les grandes lignes sont déjà dessinées mais on fera encore des ajustements cette semaine», précise Alain Fauconnet, professeur au Clos d'Or et coordinateur. «Chaque pays doit apporter sa touche personnelle et marier la cuisine française avec les techniques locales», explique Meryem Cherkaoui, chef marocaine réputée, conseillère de la délégation. «Pour la viande, on emmène tous les légumes et pour le poisson, les candidats choisissent une garniture représentant l'identité de leur pays et deux autres qu'ils doivent trouver la veille, en trente minutes, en faisant leur marché.»

«Comme on ne sait pas ce qui sera disponible, on a travaillé des techniques s'appliquant à une famille de produits, ajoute Alain Fauconnet. Par exemple, une garniture petits pois se fera de la même façon avec des carottes ou haricots verts.»

Pour Meryem Cherkaoui, les produits ne sont pas un problème pour des Marocains : «Ce sont des classiques, comme le turbot, un produit fin qu'il faut sublimer.» Au four et au moulin, Issam Jaafari a, lui, à peine le temps de lâcher deux mots : «Ce sera un honneur de représenter le Maroc. Le repos, on verra ça en février.»