Polémique autour de deux enfants déscolarisés

Chantal Féminier

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Rémi Guéret en septembre 2012.
Rémi Guéret en septembre 2012. — DR

«Aujourd'hui cela fait très exactement 500 jours que nos enfants sont rejetés». Le décompte, fait ce mercredi par Rémi et Stéphanie Guéret, fait allusion à la non-scolarisation de leur garçon, aujourd'hui âgé de 7 ans, et de leur fille, 5 ans, dans la commune d'Allevard où ils résident.

Les enfants réclament l'école


L'histoire remonte à l'année 2009-2010, durant laquelle le couple n'a pu produire le certificat de vaccination de l'aîné à la maternelle où il était admis. «Nous venions de Savoie : les carnets de santé des enfants avaient été perdus dans le déménagement», commente Stéphanie Guéret. A la rentrée suivante, «le garçon a été inscrit [l'inscription relève de la commune] mais non admis par l'Éducation nationale faute de ce certificat», explique le maire UMP du village, Philippe Langenieux-Villard. Les Guéret ont alors choisi «d'instruire les enfants en famille», expliquent-ils. Avant la rentrée 2012, ils ont finalement «retrouvé» et produit un document datant de 2009 et attestant que leur fils «était bien vacciné». Ils disent alors avoir fait une demande d'inscription à Allevard, que le maire affirme, lui, «n'avoir jamais reçue». «Les enfants étant scolarisables, ajoute celui-ci, il leur a été proposé d'intégrer l'école de Saint-Maximin», où une classe supplémentaire a été ouverte. Allevard aurait pris en charge leur transport scolaire. «Cette décision, poursuit le maire, a été prise par l'inspection d'académie, dans l'intérêt de deux enseignantes d'Allevard qui avaient déposé plainte à la suite d'une altercation avec le couple». «L'école est à 12 km !», s'insurgent les parents, qui minimisent la plainte. Une demande d'assistance éducative, portée devant le tribunal des mineurs («à la suite de dénonciations calomnieuses»selon les Guéret), a été suivie d'un non-lieu. Mais il reste contre les parents «une plainte du rectorat, pour outrage», indique le parquet. Pour Stéphanie, dont les enfants réclament « tous les jours » d'aller à l'école, « dans cette affaire, tout le monde ment». ■