Deux Isérois jugés pour tentative de meurtre

Manuel Pavard

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C'est le procès de la violence gratuite qui s'est ouvert ce mercredi devant les assises de l'Isère. Stéphane Merlin, 39 ans, et Mohamed Sammari, 46 ans, y comparaissent jusqu'à vendredi, le premier pour tentative d'homicide volontaire, le second pour complicité de tentative d'homicide volontaire et violences.

Pris à partie depuis la rue
Les faits qui leur sont reprochés remontent au 31 mai 2008. Ce soir-là, les deux accusés prennent à partie depuis la rue un groupe de jeunes faisant la fête dans un appartement du boulevard Foch, à Grenoble. L'altercation aurait pu en rester à ces quelques insultes et invectives. Pourtant, en quittant la soirée un peu plus tard, deux des jeunes sont violemment agressés par les deux hommes, qui attendaient devant l'immeuble. L'un d'eux, égorgé, sera heureusement sauvé aux urgences du CHU.
Lors de cette 1re journée d'audience, la cour s'est penchée sur la personnalité de Stéphane Merlin. En l'interrogeant sur son enfance et sa vie – notamment sur la rupture précoce de ses parents, la séparation avec sa première femme, l'absence de contacts avec son fils ou ses problèmes d'alcool –, le président s'est heurté au mutisme de l'accusé ne répondant que par « oui » ou par « non ». « Vous dites que vous n'êtes pas un homme violent », a feint de s'étonner Me de Monbrison, avocat des parties civiles, revenant sur sa condamnation antérieure pour agression sexuelle. « Cette affaire a déjà été jugée », a rétorqué Me Samba, avocat de Stéphane Merlin.

Ils risquent 30 ans

Désigné comme l'auteur du coup de couteau, Stéphane Merlin nie catégoriquement, accusant son comparse Mohamed Sammari. Les deux hommes, qui se renvoient la balle, risquent jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.