Carrefour Meylan s'offre quatre dimanches

Chantal Féminier

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«Trop, c'est trop ! » c'est par ces mots que le secrétaire général du syndicat FO Isère, Jean-Pierre Gilquin, s'insurge contre le « forcing » opéré par l'enseigne Carrefour pour enfreindre l'accord liant la Métro, la CCI et les partenaires sociaux. « Comme chaque année, explique-t-il, nous avions trouvé un terrain d'entente pour que les maires n'autorisent l'ouverture deux dimanches seulement en décembre : les 16 et 23. Une consigne respectée par toutes les enseignes, sauf Carrefour qui ouvre trois dimanches à Echirolles et même quatre à Meylan ! »

« C'est le monde à l'envers ! »
Bruno Louche, directeur du Carrefour Meylan assure être « au courant » de cet accord. « Mais chez nous, tout se passe en concertation en interne », assure-t-il. De fait, comme l'exige la loi, l'enseigne fait travailler ses salariés le dimanche « sur la base du volontariat ». Dans cet hyper qui emploie 520 personnes, ce sont ainsi 150 « volontaires » qui étaient en poste ce dimanche 9 décembre. Dont Françoise Sitruc, déléguée syndicale FO… « Moi je fais deux dimanches, admet-elle, ça me permettra d'offrir de plus gros cadeaux aux enfants. Mais il y en a qui se battent pour en faire quatre ! C'est le monde à l'envers ! Il faut dire qu'on est payé à 300 % : ça fait presque 200 € de plus par dimanche. Et j'ai une collègue qui est seule avec un enfant, une autre dont le mari est au chômage depuis 4 ans… »
Pour le secrétaire général FO, cet enthousiasme n'est pas partagé : « Une déléguée du CE m'a dit qu'aux caisses, c'était plus difficile de trouver des volontaires. » Jean-Pierre Gilquin n'en veut pas aux salariés, ni même à la direction du magasin : « C'est aux maires de faire respecter l'accord, sinon ça risque d'exciter les autres enseignes. » Marie-Christine Tardy, la maire dissidente UMP de Meylan, préfère, elle, privilégier le « partenariat entre Carrefour et [sa] ville. Si la loi le permet et que le personnel veut travailler plus pour gagner plus... »