Des moyens adaptés pour l'insertion

Manuel Pavard

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Adossé à la Chartreuse, à l'entrée de Voreppe, Le Chevalon ressemble, de l'extérieur, à n'importe quel lycée. Pourtant, s'il prépare aux diplômes de l'éducation nationale (BEP et bac pro secrétariat-comptabilité, CAP employé de vente), cet institut d'éducation motrice et de formation professionnelle est géré par l'Association des paralysés de France (APF) et scolarise 88 élèves handicapés moteurs. Ce lundi, l'établissement accueillait le recteur Olivier Audéoud. Ce dernier a signé une convention avec l'APF et l'Agence régionale de santé. Un partenariat qui, espère la directrice Geneviève André, « permettra, à l'avenir, d'externaliser certaines formations dans des lycées de droit commun. Tous nos élèves ne veulent pas faire de la bureautique. »

100 % de réussite au bac
Avec ses séances de kiné et balnéo, ses classes de 10 élèves, l'aide de médecins et éducateurs, Le Chevalon obtient d'excellents résultats : 100 % de réussite au bac depuis 4 ans. « L'emploi du temps est mieux adapté qu'en milieu ordinaire, notamment pour la kiné, et on a plus de temps pour faire le programme (bac pro en 5 ans au lieu de 3 ans), même si on apprend la même chose », explique Audrey, 22 ans, en formation PAO. Atteinte d'une maladie génétique, elle est « arrivée ici il y a 5 ans, en BEP, après un parcours classique, et y a passé le bac. » Audrey « veut poursuivre ses études, avec un BTS d'assistant de gestion », pour ensuite, comme tous les élèves, « trouver un emploi ».

en classe « ordinaire »

Depuis la loi de 2005 sur le droit à l'école pour tous, l'académie connaît une forte hausse de la scolarisation des élèves handicapés en classe «ordinaire» : 3 486 élèves supplémentaires depuis 2005 (+89 %), tandis que les CLIS et ULIS en ont accueilli 1 082 de plus (+53 %). Au total, cela représentait 10 493 élèves en 2011 (+77 % en six ans).