Cohabitation délicate au centre Chorier

Manuel Pavard

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La 28e campagne d'hiver des Restos du Cœur s'est ouverte ce lundi dans les 17 centres isérois de l'association. Rue Nicolas-Chorier, un rapide coup d'œil suffit à confirmer la tendance observée depuis quelques années : la diversification des profils des bénéficiaires.

Barrière de la langue
« On accueille beaucoup de familles monoparentales, de chômeurs en fin de droits, d'étudiants, de retraités et surtout de plus en plus de personnes étrangères, notamment des Roms », constate Brigitte Cotte, responsable du centre grenoblois. Les Roms de l'agglomération sont en effet automatiquement orientés vers Chorier. Un phénomène, accentué par les récents démantèlements de squats, qui n'est pas sans poser « quelques soucis de cohabitation entre bénéficiaires », selon un bénévole. « Cela fait même fuir des gens », estime un sans-abri. Principal écueil pour les Restos du Cœur : la barrière de la langue. « On a des difficultés à se faire comprendre avec les populations d'Europe de l'Est, souligne Brigitte Cotte. Nos colis alimentaires sont par exemple destinés à des familles de six personnes maximum. C'est toujours délicat de l'expliquer à une famille de dix enfants qui ne parle pas un mot de français. Parfois, ça génère de l'agressivité. » Un temps envisagée, l'idée de créer un point d'accueil spécifique pour les Roms, renforcé par la présence d'un traducteur de Roms Action, a finalement été remisée au placard.

Les inscriptions explosent

Au centre Chorier, 708 personnes (soit 243 familles) ont déjà été inscrites en 15 jours, contre 447 l'an dernier, à la même époque. La barre des 2 000 inscrits devrait y être franchie cet hiver, tout comme celle du million de repas servis en Isère. L'association, en manque de bénévoles, a d'ailleurs ouvert un 3e centre grenoblois, rue Gay-Lussac.