« Je dessine par case, sans chronologie »

PROPOS RECUEILLIS PAR MANUEL Pavard

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Marc Salet publie ce jeudi, aux éditions Roymodus, Le crime de Lord Arthur Savile, BD adaptée de la nouvelle éponyme d'Oscar Wilde, réalisée avec le dialoguiste Philippe Nauher. Une grande première pour ce dessinateur et scénariste amateur. Entretien.
Vous sortez votre première bande dessinée à 38 ans. Quel est votre parcours ?
Je suis instituteur depuis une dizaine d'années, pendant longtemps à l'étranger (Vietnam, Tchad, Turquie) puis, depuis un an, à l'école Lucie-Aubrac. Ma passion de la BD remonte à l'enfance. Je lisais la BD franco-belge (Tintin, Spirou, Astérix…) avant de découvrir qu'il existait des choses plus graphiques, comme chez l'Association. J'ai toujours dessiné mais sortir une BD relevait un peu du fantasme. C'est mon 1er projet abouti.
Pourquoi avoir choisi cette nouvelle d'Oscar Wilde ?
Philippe Nauher m'a proposé l'idée fin 2008. C'est une nouvelle très bien écrite, pleine d'humour et de rebondissements, mais assez contemplative. On a donc rajouté des choses, en particulier une scène d'action en flash-back, pour donner un peu plus de rythme.
Vous avez un style et un coup de crayon bien à vous. Comment travaillez-vous ?
Je suis parti sur des esquisses en imaginant un décor pour chaque scène. J'ai dessiné par case, sans respecter la chronologie, et pas du tout régulièrement – j'ai fini début 2012. Les cases ne sont pas alignées : ce côté brinquebalant me plaît. Le choix du noir et blanc s'est imposé naturellement. Je dessine avec des feutres à l'encre de chine et un marqueur, en usant des ombres projetées. Parfois, on ne voit plus les contours mais juste l'éclairage. L'action est censée se passer à Londres mais j'ai préféré faire mon univers. Ce graphisme assez abstrait est influencé par le cinéma expressionniste allemand.
Quel est votre programme de promotion ?
La BD est tirée à 2000 exemplaires. Il y a aura une expo des planches à l'Atelier de Lily et une dédicace à BD Fugue.