Grenoble

Les robots entrent dans les facs et labos

sciences Un colloque sur les compagnons artificiels et l'informatique affective se tient à l'IUT 2

Reeti, robot compagnon développé par la société Robopec, est capable d'exprimer des émotions comme la tristesse ou la joie, visibles sur ses yeux, sa bouche, son cou... Il est l'une des vedettes du Workshop Wacai 2012, un colloque qui regroupe, jeudi et vendredi, à l'IUT 2, des chercheurs travaillant sur l'informatique affective et les compagnons articiels : personnages virtuels, notamment les avatars, et robots sociocognitifs. « Le but est de donner de la vie à ces carcasses, explique Sylvie Pesty, chercheuse au laboratoire d'informatique de Grenoble (LIG) et enseignante à l'IUT 2. On tente de reproduire des interactions sociales, de les rendre sympathiques ou empathiques. Ces robots peuvent parler et sentir qu'on les écoute. »

Un robot Nao à l'UJF
A Grenoble, robotique et personnages virtuels se développent au sein des organismes de recherche comme l'INRIA, ainsi que dans les laboratoires intégrés aux universités. « A l'Ensimag, un Fab Lab (Fabrication Laboratory) sur ces thématiques est en train de se monter », précise Patrick Reignier, professeur à Grenoble INP et chercheur au LIG. « Et à l'Université Joseph Fourier (UJF), le Fab Lab de Polytech travaille sur les robots compagnons. C'est un robot de téléprésence destiné aux personnes âgées ou seules : il peut se déplacer pour aller voir la personne et entamer un dialogue avec elle. » L'UJF a également « acheté un robot Nao, utilisé en Master 1 pour l'enseignement », explique Humbert Fiorino, enseignant-chercheur à l'UJF. Celui-ci sert de « support pédagogique, par exemple pour la programmation d'algorythmes. Au lieu de faire une démonstration au tableau et un cours magistral, l'enseignant utilise la pédagogie active. A l'Université de Louvain, en Belgique, tous les cours d'informatique se font ainsi. Chez nous ou à Grenoble INP, on y a de plus en plus recours et les étudiants en sont très friands. » Illustration de cette évolution, les universités grenobloises se sont récemment dotées d'un comité d'éthique, consultatif pour l'instant, afin de réfléchir aux questions de déontologie liées à ces thèmes.