De plus en plus de femmes et étrangers pauvres en Isère

Manuel Pavard

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La pauvreté prend-elle les mêmes formes en Isère et en Rhône-Alpes que dans toute la France ? Publié ce jeudi, le rapport statistique annuel du Secours catholique, qui porte exceptionnellement cette année sur la période 2001-2011, répond plutôt par l'affirmative. « Les grandes tendances se vérifient en Isère, souligne Claire Cotte, déléguée départementale de l'association : durcissement de la pauvreté et difficulté à en sortir, hausse des dépenses contraintes liées au logement, féminisation de la pauvreté, dégradation des conditions de vie des migrants. »

Un quart de femmes seules
Ces deux dernières évolutions sont néanmoins davantage marquées dans la région que dans le reste du pays. Ainsi, en 2011, 24 % des ménages rencontrés en Rhône-Alpes sont des femmes seules, la proportion la plus élevée des régions françaises. En Isère, les femmes, seules ou avec enfants, représentent 46 % des situations en 2011 contre 31 % en 2001 (le reliquat se répartissant entre couples et hommes seuls), tandis que, parmi les familles, la part des familles monoparentales gérées par une femme a bondi de 20 points en 10 ans (de 26 % à 46 %). Autre tendance lourde : 4 ménages sur 10 sont étrangers en Rhône-Alpes (3 sur 10 en France), avec une forte poussée de personnes originaires d'Europe de l'Est ou d'Afrique subsaharienne. « A Grenoble, la régionalisation de la demande d'asile y est pour beaucoup », estime Claire Cotte. 60 % de ces étrangers sont d'ailleurs en attente de statut, le taux le plus fort de France.

plus 20 % en dix ans

En 2011, le Secours catholique a rencontré 40 600 situations de pauvreté en Rhône-Alpes, soit une hausse de 20 % par rapport à 2001, avec un niveau de vie moyen de 477 € par mois. En Isère, 18 000 personnes ont reçu l'aide de l'association.