Le quartier des Granges pleure Kevin et Sofiane

Manuel Pavard

— 

Hommage sur les lieux du drame.
Hommage sur les lieux du drame. — M. PAVARD / PLEINS TITRES / 20 MINUTES

Habitants du quartier des Granges et proches de Kevin et Sofiane se sont succédé ce dimanche dans le parc Maurice-Thorez, près des bouquets déposés sur les lieux où les deux jeunes de 21 ans ont été tués à l'arme blanche vendredi soir, victimes d'une « bagarre d'une grande banalité ayant tourné en déchaînement de violence », selon les termes du procureur de la République, Jean-Yves Coquillat.

Une marche blanche ce mardi
Tous sont sous le choc devant « l'agression lâche » commise sur ces « garçons sans histoires, inconnus des services de police ». Assia* a « grandi avec eux » et était « très proche de Kevin. C'était quelqu'un de bien, qui n'était jamais impliqué dans les embrouilles et les rejetait. Tout le monde le connaissait ici : on l'appelait ‘‘le médiateur''. C'était un exemple dans le quartier, surtout pour sa réussite dans les études. Il avait fini sa licence à Aix-en-Provence et allait commencer un master à Grenoble. On veut maintenant que justice soit faite. »
A l'origine du drame, rappelle le procureur, « un mauvais regard, puis une altercation entre mineurs à la sortie du lycée qui, avec le soutien des frères et des amis, va conduire à une expédition punitive. ».Après une deuxième rixe survenue vers 20 h dans le parc, cinq Echirollois restés dans le square voient fondre sur eux « un groupe de 15 à 20 jeunes d'un quartier grenoblois, armés de marteaux, manches de pioche, couteaux, battes de base-ball et pistolet à grenailles. Les deux majeurs, qui tentent de protéger les plus jeunes, sont frappés respectivement d'une vingtaine et d'une dizaine de coups de couteau. » Le premier décédera à l'arrivée des secours, le second le lendemain matin au CHU. L'enquête a été confiée à la Sûreté départementale. Une marche blanche sera organisée ce mardi, à 18 h, à Echirolles, à l'appel des familles, mais aussi de Villeneuve Debout, collectif de la Villeneuve de Grenoble, cité par certains comme le quartier des agresseurs.