Marseille : Mort de Jean-Paul Passedat, père du chef du restaurant « Le Petit Nice »

DISPARITION Fondé en 1917, « Le Petit Nice » est le premier restaurant marseillais à avoir décroché les trois macarons du Michelin

20 Minutes avec AFP
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Le restaurant est aujourd'hui tenu par Gerald Passedat, son petit fils, qui a décroché une troisième étoile en 2007 pour l'établissement.
Le restaurant est aujourd'hui tenu par Gerald Passedat, son petit fils, qui a décroché une troisième étoile en 2007 pour l'établissement. — ERIC TSCHAEN/SIPA
  • « Le Petit Nice » est un célèbre hôtel-restaurant de Marseille, situé au bord de la mer.
  • Son histoire est celle d’une saga familiale
  • Fondé en 1917 par Germain Passedat, il a été le premier restaurant marseillais à décrocher trois étoiles au Guide Michelin, en 2007, sous la houlette de son petit-fils, Gérald.

Jean-Paul Passedat, père du chef triplement étoilé Gérald Passedat, et développeur de l’hôtel-restaurant du « Petit Nice », institution gastronomique de Marseille, est décédé mercredi à l’âge de 88 ans à Marseille, a annoncé son fils dans un communiqué.

Ancré sur les roches blanches de l’anse de Maldormé sur le littoral marseillais, le Petit Nice est le premier restaurant phocéen à avoir décroché les trois macarons du Michelin sous la houlette de son chef Gérald Passedat.



Un chemin d’excellence tracé par son grand-père et son père dans une saga familiale qui débute en 1917 lorsque Germain Passedat, propriétaire d’un bar-tabac, achète à une baronne une grande bâtisse blanche, « la villa Corinthe », ouverte sur la mer et les îles du Frioul pour en faire un restaurant.

Par hasard, la baronne était venue utiliser le téléphone de son bar pour annoncer à son notaire la mise en vente de son bien. « Pas la peine de chercher, je vous l’achète », aurait lancé Germain Passedat, selon le récit familial. Il baptise l’endroit « Le Petit Nice » pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant très en vogue à l’époque. Il s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumières, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant.

Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel se pressent au « Petit Nice » qui à la mort de Germain est repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il met de côté une carrière prometteuse pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de luxe creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981.

Une troisième étoile en 2007

« Passionné et respectueux des traditions culinaires du terroir marseillais, Jean-Paul a transmis à son fils Gérald le goût du beau, le sens du rythme, l’amour des choses bien faites et le goût de faire plaisir aux autres », a salué la famille dans un communiqué.

A l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérard Passedat qui avait toujours rêvé d’être chef et avait fait l’école hôtelière, a repris en 1985 les rênes du restaurant avec lequel il a décroché sa troisième étoile en 2007.

Jean-Paul, lui, a continué à gérer l’hôtel cinq étoiles pendant des années avant de prendre sa retraite dans les murs où il possédait un appartement. « Quand on lui demandait s’il était né à Marseille, il répondait invariablement : Non, je suis né au Petit Nice ».