Le « Guide du Paris Boui-boui » permet de « voyager au coin de la rue » dans la capitale

CUISINE Le « Guide du Paris boui-boui », un recueil des meilleures adresses de petits restaurants, paraît ce jeudi aux éditions Alternatives

Mathilde Desgranges
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Chloé Vasselin devant la devanture du Mesken Borek, avec un employé de l'établissement.
Chloé Vasselin devant la devanture du Mesken Borek, avec un employé de l'établissement. — © Mathilde Desgranges / 20 Minutes
  • Ce jeudi, le Guide du Paris boui-boui, paraît aux éditions Alternatives. Passionnée de cuisine, Chloé Vasselin présente un recueil de 120 adresses des meilleurs petits restos du Grand Paris.
  • Elle définit les « bouis-bouis » comme des restaurants modestes, à petits prix, dans lesquels une bonne cuisine est servie sans prétention.
  • Guide de formation, Chloé Vasselin a pour ambition de faire découvrir un autre Paris, plus cosmopolite.

« J’ai voulu partager toutes ces pépites que j’ai récoltées ces dernières années », explique Chloé Vasselin. Jeudi, son ouvrage  Guide du Paris boui-boui, un recueil de 120 adresses de petits restos d’Ile-de-France paraît aux éditions Alternatives. « Ils m’avaient manqué pendant le confinement, c’est à ce moment-là que j’ai voulu mettre en avant ces petites affaires discrètes qui triment dans l’ombre mais continuent de nous régaler. » L’autrice a testé, plusieurs fois, toutes les adresses répertoriées. Elle n’a gardé que les bonnes cuisines, à petit prix (moins de 15 euros), où l’accueil est chaleureux.

Attablée au Mesken Borek, un restaurant turc du 10e arrondissement, Chloé Vasselin mange du simit et regarde les photos de famille d'un client assis à ses côtés. Il lui raconte l’origine de ce pain qu’elle mange pour le petit-déjeuner. « Des pâtisseries comme celles-là, il y en a plein à Istanbul ou à Ankara », lui assure le client. « Le boui-boui, c’est le meilleur endroit pour apprendre à connaître des gens, affirme-t-elle. C’est petit alors il y a une grande proximité, les barrières tombent plus facilement.

« C’est un peu comme s’ils m’avaient invitée chez eux »

« Les bouis-bouis, on ne les trouve pas sur les grands boulevards mais dans les petites rues parallèles », explique-t-elle. On les découvre en flânant une après-midi ou en cherchant de quoi manger, après un concert qui s’est fini très tard. L’autrice les préfère parce qu’ils sont modestes, rarement récents, avec un service sans prétention. « Quand je me rends chez les tenanciers des bouis-bouis, c’est un peu comme s’ils m’avaient invitée chez eux », confie Chloé Vasselin. Comme une occasion de « voyager au coin de la rue. »

Pendant la crise sanitaire, les « bouis-bouis » font partie des rares restaurants qui ont continué à tourner, en proposant des plats à emporter. À cette période, « la notion de voyage a évolué et les gens se sont davantage intéressés à ce qu’il y avait autour d’eux, explique l’autrice. Je n’étais plus la seule à percevoir l’intérêt du local. »

Découvrir Paris autrement

« J’ai mis le paquet sur le 15e arrondissement parce qu’on me dit souvent que c’est un quartier mort, plaisante Chloé. En réalité, il contient beaucoup d’endroits à découvrir. » Par exemple, la rue des Entrepreneurs, surnommée « Téhéran sur Seine », qui compte de nombreux restaurants iraniens. Guide de formation, Chloé Vasselin veut rompre avec le tourisme de masse et faire découvrir un autre Paris, plus cosmopolite. En s’intéressant à l’histoire des bouis-bouis, et de leurs tenanciers souvent issus de l’immigration, elle met en avant une partie délaissée de la capitale.

« Leurs restaurants sont un moyen, pour eux, de continuer à garder un lien avec leur tradition, de transmettre leur culture », affirme l’autrice. A Paris, les bonnes adresses ne manquent pas mais quand Chloé Vasselin s’intéresse à un pays, elle « ne reste jamais dans la capitale. » Son premier ouvrage propose uniquement des adresses dans le Grand Paris, à Pantin, Saint-Ouen, Bagnolet ou encore Boulogne-Billancourt. Mais l’autrice envisage déjà une suite, qui couvrirait un territoire bien plus large.