Thomas Nedelec, grand espoir de la cuisine, décède à l’âge de 20 ans

ACCIDENT Le jeune commis originaire de Quimper a été victime d’un accident de la route dans les Landes où il travaillait

Camille Allain
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Ancien élève du lycée hôtelier de Dinard, Thomas Nedelec était devenu meilleur apprenti de France en 2019. Il est décédé le 13 décembre 2021 à l'âge de 20 ans.
Ancien élève du lycée hôtelier de Dinard, Thomas Nedelec était devenu meilleur apprenti de France en 2019. Il est décédé le 13 décembre 2021 à l'âge de 20 ans. — Société nationale des meilleurs ouvriers de France
  • Promis à un grand avenir dans la cuisine, Thomas Nedelec est décédé le 13 décembre 2021 à l’âge de 20 ans.
  • Victime d’un accident de la route dans les Landes, le jeune Breton a marqué tous ceux qui l’ont côtoyé en cuisine.
  • En 2019, le jeune homme était devenu meilleur apprenti de France après son passage par les cuisines de l’Elysée.

Il était devenu meilleur apprenti de France de cuisine froide à tout juste 18 ans. Son parcours professionnel l’avait déjà emmené dans de prestigieuses maisons et même dans les cuisines de l’Elysée où il avait passé quelques semaines en stage. Ancien élève du lycée hôtelier Yvon-Bourges de Dinard (Ille-et-Vilaine), Thomas Nedelec est décédé lundi à l’âge de 20 ans. D’après nos informations, le jeune commis originaire de Quimper (Finistère) a été victime d’un accident de la route alors qu’il rentrait le lundi 6 décembre à Aire-sur-l’Adour ( Landes​) où il habitait. La collision frontale s’est produite très tôt, vers 5h30 le matin. Le jeune homme avait été transporté en état très grave à l’hôpital de Pau puis transféré à Bordeaux. C’est là que les yeux clairs du jeune cuisinier se sont fermés pour toujours ce lundi 13 décembre.

Depuis le mois de juin, le Breton avait rejoint le prestigieux palace Les Prés d’Eugénie, trois-étoiles de Michel Guérard implanté à Eugénie-les-Bains, dans les Landes. Le jour de son accident, Thomas Nedelec devait participer à un dîner festif avec toute sa brigade. Son chef devait lui annoncer sa promotion à venir. « Tout le monde est bouleversé. Il est parti beaucoup trop tôt, de façon tellement injuste », glisse, effondré, le directeur adjoint de l’établissement. Thomas Nedelec avait rejoint les Landes avant l’été pour devenir commis de cuisine. Il ne lui a pas fallu longtemps pour se faire remarquer au sein de la brigade de quarante personnes de ce trois-étoiles très réputé. « Thomas, c’était notre pépite. C’était un passionné de cuisine, il était fou de ça. Des jeunes talentueux, j’en ai vu passer beaucoup. Mais lui, il avait ce truc en plus », témoigne, dévasté, Hugo Souchet.



Le chef des Prés d’Eugénie ne cache pas son émotion face à ce drame. « Nous avons essayé d’accompagner ses parents au mieux. C’est tragique. Thomas était très apprécié de tout le monde, il était assez discret, il savait travailler en équipe ». Le soir de l’accident, son chef avait prévu de lui annoncer sa promotion, six mois seulement après son arrivée. « Il était commis au poisson. On avait prévu de le faire passer demi-chef de partie à la grillade. C’est un poste très technique mais il avait le talent pour », ajoute Hugo Souchet. Le chef se souvient d’un garçon « très attachant, toujours à l’écoute ». « Il avait une passion dévorante. Je savais que je pouvais lui demander n’importe quoi. Il était rapide, efficace. C’était un chef étoilé dans dix ans. C’était une pépite qui allait faire de grandes choses ».

« Tout le monde savait que son talent allait éclater un jour »

En 2019, Thomas Nedelec avait passé quelques semaines dans les cuisines de l’Elysée aux côtés du chef Guillaume Gomez, qui lui a rendu hommage mardi. Alors inscrit au lycée de Dinard, il s’était présenté au concours du meilleur apprenti de France, qu’il avait remporté. « Il avait un vrai talent. Tout le monde savait qu’il allait éclater un jour. Il était plus que bon », témoigne, ému, Jean-François Girardin. Le président de la Société nationale des meilleurs ouvriers de France avait gardé un contact privilégié avec le jeune homme originaire du Finistère. « Il avait tout pour lui parce qu’il n’était pas seulement doué techniquement. Il avait aussi le caractère. Il était intelligent, bien entouré, bien dans sa tête. Il cherchait toujours à s’améliorer ».

Thomas Nedelec avait très vite embrassé l’idée de faire de la cuisine son métier. Une passion transmise par ses parents, qui tiennent depuis des années le restaurant La Feuillantine à Quimper. Un choix qu’avait également effectué Marine, la sœur jumelle de Thomas. Cette année, la jeune femme est devenue meilleure apprentie de France en boulangerie, deux ans après son frère. Les obsèques de Thomas Nedelec seront célébrées lundi en la cathédrale de Quimper.