Gastronomie : Les conseils de deux pros pour réussir vos photos culinaires

PHOTOS DE CUISINE Deux photographes culinaires livrent leurs conseils pour réussir les photographies de vos plats et restaurants préférés

Adrien Max
— 
Laurent Rodriguez a remporté le prix du Public lors du Festival international de la photo culinaire qui mettait le sud en avant.
Laurent Rodriguez a remporté le prix du Public lors du Festival international de la photo culinaire qui mettait le sud en avant. — Laurent Rodriguez
  • 72 photos mettant à l’honneur des produits, des plats et des recettes du Sud, sont exposées sur l’esplanade de la Major à Marseille jusqu’au 10 octobre.
  • A cette occasion, deux photographes participant au festival donnent des conseils pour réussir ses photos de plats.

Des photos de plats postées par dizaine sur les réseaux sociaux, nouveau passe-temps des gastronomes amateurs. À l’occasion du Festival International de la Photographie Culinaire dont la 11e édition a mis à l’honneur le Sud à Marseille, Laurent Rodriguez, qui a reçu le prix du Public lors des Trophées Lentilles d’Or, et Pauline Daniel, livrent de précieux conseils pour réussir vos photos culinaires.

« Ce sont des questions qui reviennent souvent », s’accordent les deux photographes, qui différencient les personnes qui prennent en photo les plats qu’elles ont cuisinés, et celles qui photographient les plats qu’elles dégustent au restaurant. Pour les cuisiniers en herbe qui souhaitent sublimer leurs créations, attention à bien y réfléchir en amont. « Il faut bien penser à sa recette, et faire des choix pour l’esthétique. Il est important que les éléments soient reconnaissables et identifiables. Ce sera toujours plus joli une langouste qu’une bouillie de daube de taureau. Les contrastes sont aussi très importants, la sauce ne doit par exemple pas être de la même couleur que l’élément principal. Donc on pense sa recette en amont », avance Pauline Daniel, photographe culinaire à Avignon.

La vision du photographe plus que l’appareil

L’angle de prise de vue est également très important, en fonction du plat. « Si c’est une assiette très graphique, le mieux est de prendre la photo du dessus. Il faut un peu imaginer le rendu d’avance et faire des choix. Par exemple pour un burger, on peut mettre en avant un côté qui sera très beau, et l’autre côté sera très moche. Ce n’est pas la même manière de penser une assiette pour la servir que pour la photographier », détaille Pauline Daniel pour donner immédiatement l’eau à la bouche.

Laurent Rodriguez, photographe culinaire depuis 15 ans, donne des cours avec des appareils mobiles. « Surtout pour des gens passionnés par la cuisine plus que pour des professionnels. Le principal n’est pas l’appareil mais plutôt la vision du photographe, les téléphones disposent de capteurs extraordinaires aujourd’hui. La première des choses que j’enseigne, c’est qu’il ne faut pas zoomer mais plutôt recadrer la photo par la suite. Le téléphone doit être parallèle à l’assiette pour éviter la déformation des perspectives. Et maximiser les contrastes pour que ça claque », liste-t-il.

Règles de bonne conduite

Difficile lorsque l’on est attablé au restaurant de bénéficier de la meilleure lumière, mais il suffit de placer le plat sur le rebord d’une fenêtre pour un meilleur rendu. « Il peut être difficile de bouger l’assiette, mais ça fait la différence. On travaille en contre-jour, en plaçant l’assiette sur le rebord de la fenêtre, pour mettre les éléments en valeurs. Pour éviter que le devant de l’assiette ne soit trop sombre, il suffit de placer une feuille blanche qui va refléter la lumière. Cela donnera un côté contrasté à la photo, avec de jolis contours lumineux », poursuit Pauline Daniel.

Laurent Rodriguez, dont le frère a fait sa carrière comme chef de cuisine, rappelle néanmoins quelques règles de bonnes conduites. « C’est toujours mieux quand le client demande l’autorisation au chef de prendre les plats en photo. Surtout dans les restaurants gastronomiques. Il y a un vrai savoir-faire, avec des études, pour réaliser des plats qui sont aussi des œuvres d’art et c’est important de le respecter », rappelle-t-il.*

Les 72 photos de 24 photographes plasticiens, dont celles de Laurent Rodriguez et de Pauline Daniel, sont visibles sur l’esplanade de la Major à Marseille, jusqu’au 10 octobre.