Montpellier : Décès de Laurent Vaillé, l’un des vignerons à l’origine du renouveau des vins du Languedoc

VITICULTURE Grièvement blessé à la tête, le viticulteur a été retrouvé en arrêt cardiorespiratoire dans une dépendance de sa propriété

Jérôme Diesnis
un véhicule de pompiers. illustration.
un véhicule de pompiers. illustration. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Laurent Vaillé est l’un des viticulteurs qui a aidé à la profonde mutation du vignoble du Languedoc-Roussillon au tournant des années 1990, vers un vin beaucoup plus qualitatif.
  • Il était considéré comme l’un des plus grands vignerons de France.
  • Il a été retrouvé en arrêt cardiorespiratoire dans sa propriété d’Aniane. Les secours n’ont pas pu le ranimer. Il était âgé de 58 ans.

Ses proches, ses amis et ses clients qui étaient parfois un peu les mêmes, parlent de lui comme « d’un visionnaire ». Laurent Vaillé est décédé vendredi, à l’âge de 58 ans. Vigneron de la Grange des Pères, à Aniane, dans l’Hérault, il est considéré comme l’un des hommes ayant participé au renouveau du vignoble du Languedoc-Roussillon depuis la fin des 80, passé d’une démarche de productivité à une démarche de qualité. Il a été retrouvé dans une dépendance du domaine, au nord de Montpellier, grièvement blessé à la tête. En arrêt cardiorespiratoire, il n’a pu être ranimé. Selon l’hebdomadaire Le Point, il se serait suicidé.

Laurent Vaillé « a fait partie des premiers à comprendre que les vins de la région devaient gagner en fraîcheur avec pas trop d’alcool, évoque à l’hebdomadaire le sommelier Michel Hermet. Il a fait école : les vignerons des terrasses-du-Larzac lui doivent beaucoup. Son décès est une perte immense pour le vignoble régional et français. »

« Le Mozart du vin »

Avant de reprendre l’exploitation familiale en 1988, Laurent Vaillé avait travaillé dans de plusieurs domaines viticoles de différentes régions viticoles de France. De ses multiples expériences, il avait ramené des assemblages complexes, donnant à ses vins un caractère atypique. L’assemblage de ses vins contenait notamment du cabernet-sauvignon, un cépage traditionnel du Bordelais qui lui interdisait l’appellation d’origine contrôlée Côteaux-du-Languedoc.

« Beaucoup de vignerons essaient de correspondre au marché, de rendre des vins commerciaux, explique le maire d’Aniane Philippe Salasc. Lui avait créé des vins avec une forte identité qui reflétaient sa personnalité très complexe. C’était le Mozart du vin ».